La caza trifouille

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 Trifouille International

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MessageSujet: Trifouille International   Mer 30 Mai - 12:35

Bien calé sur son fauteuil, quelques boissons fraîches à portée de main, Jamou rêvassait. Dehors, les insectes bruissaient à tout rompre, comme pour intimider les oiseaux nocturnes qui de temps à autre piaillaient leur joie de vivre. Certains animaux gloussaient uniquement pour le plaisir d'animer un peu la vie nocturne, à ce qu'il semblait.
"Sacrée Chaleur!"pensa Jamou. L'écrasante moiteur réduisait ses pensées à des lieux communs, éventuellement à de vagues envies de dégotter l'abruti qui s'était chargé des réservations, rien que pour lui botter le train. Une chambre sans clim, équipée de jalousies...Autant clamer à la faune locale: "venez, la porte est ouverte, nourriture à volonté!"
Quoique, tout bien réfléchi, lever le pied de quelques centimètres s'avererait probablement trop fatigant. Le plaisir de botter le fondement de quelqu'un compenserait à peine l'effort...

La Trifouille, jeune entreprise en pleine essor, avait décidé d'étendre son influence sous les tropiques. Objectif: assurer une representation dans les moindres recoins du monde. Et faciliter les démarches des adhérents souhaitant passer quelque temps sous le soleil, à peu de frais. Mais ce dernier point était confidentiel, réservé au top 3 de la boite. Jamou était chargé de cette mission ultramarine.
Jamou fouilla un instant au fond de ses poches, cherchant son téléphone. "Je vais appeler le siège, histoire de voir ce qu'il se passe!"
"Trifouille Corp., Samantha Fox à l'appareil.
-Samantha Fox? Waou, on ne se refuse rien! Vous êtes la Samantha Fox? Boyz boyz boyz??
-Euh, non, vous confondez avec Sabrina... Fin de contrat avec ma maison de disque, me restait plus que les boulots de seconde zone...
-Hem!Seconde zone...BRef, c'est Jamou à l'appareil. Pourrais-je parler à Manolo, ou à Paupaul s'il vous plait?
-Attendez une seconde...
M. Manolo n'est pas là pour le moment, il est en réunion. Avec le représentant de Jeune et Jolie.
-Le magazine? Mais qu'est ce qu'il branle, ma parole!
-Il...hem..il pense q'une interview pour ce magazine aidera à dynamiser l'image de la société et...
-...
Vous savez quoi?Laissez tomber. Je préfère ne pas savoir...
-Je peux prendre un message?
-Non, non... Est ce que Paupaul est dans les parages?
-M.Paupaul est en Irlande du Nord, en ce moment. Il lance une chaîne de bars à thème "Trifouille Peruvo-Tex-Mex".M.Paupaul pense que la Trifouille peut résoudre le conflit qui oppose les Irlandais catholiques aux colons protestants qui ravage le pays depuis une centaine d'années. Ensuite, il s'attaquera au problème des tartines qui tombent sur le côté beurré, en rachetant tous les fabricants de tables pour en réhausser la hauteur moyenne à 3m20, puis...
-...Epargnez moi les détails...
Ok! Je me suis fait avoir, avec cette histoire d'aller dans les îles!Bref...Vous pourrez dire à Manolo qu'ici la Trifouille n'a pas grand chose à faire, si ce n'est monter un club de vacances. Les connexions internet sont quasi inexistantes. Pas d'internet, pas d'ogame. Ici les gens sont face à la réalité, pas d'échappatoire possible. Et puis envoyer des caisses à savon virtuelles en orbite pour s'attaquer joyeusement à l'univers n'excite pas les foules, par ici...
-Un club de.. vac-ances. Comment vous épelez vacances?
-...Avec ma bouche.
-Avec un s à la fin?
-...Oui, j'imagine...
-Bon, sinon c'est vrai cette histoire avec Boy Georges? Vous avez couché ensemble? Et il mettait sa tête dans un sac en plastique pour pas ruiner son maquillage?
-Ha..haha...Non, vous devez confondre avec Brian Adams. Ils ont eu une liaison pendant un moment.
-C'est vrai, Brian Adams vous ressemble tellement! Comment c'était dans Robin des Bois prince des voleurs? Ta ta taa taaa wherever ..I Will ta ta tat aaaa stand by you tatataa?
-Euh, je crois que c'est "I will taaatata taaa".
-...Vous avez raison. Bien, au revoir Samantha. Vous passerez le bonjour à Roger Moore!
-Je n'y manquerai pas."


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Manolo
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Mer 30 Mai - 20:44

Pendant ce temps, à Vera Cruz (Castillo, le copain d’Eden…enfin vous savez…)

L’homme endimanché dans son costume trop cintré resserra sa cravate texane. Il passa sa grosse menotte joufflue dans sa barbe fournie. L’entrevue allait être intéressante.

Deux jeunes femmes entrèrent dans la salle. Il se tourna vers elles pour leur faire face.
- « Hum, bienvenue Mesdemoiselles… Vous êtes bien bonnes ! »
Léger embarras, sourires minimums et gênés, gorges serrées…
- « …oui vous êtes bien bonnes de nous rendre visite ici à la Trifouille.corp ! … héhé »
- « héhé » collégiale…
L’ambiance était de retour…
- « Asseyez-vous Mesdemoiselles, alors vous me disiez par téléphone que .. ? »
La blonde prit la parole :
- « …Que nous étions très intéressées par le point de vue que développe votre société dans son communiqué de presse… »
- « ah…oui, le communiqué de presse… »
La brune :
- « Oui, le combat que vous menez pour l’égalité des sexes, oui…attendez , j’ai le texte…je cite : « une lutte farouche de tous les instants pour redonner aux femmes la place qu’elles méritent »…
- « Heu…oui, ce communiqué de presse là ? Héhé….oui oui….L’égalité des sexes effectivement…Donc bien sûr l’égalité des sexes, il serait cependant souhaitable de partir du postulat comme quoi … c’est moi qui ai la plus grosse…hein ? »
Instant abyssale, choc cosmique, sublime confusion…
- « Bé ouais les filles, vous voulez une preuve ? »

Une poche de glace sur le visage, Manolo composa difficilement un numéro sur son portable, l’œil mi-clos, il fit défiler une liste de noms…
- « Paupaul, non…Black Rabbit, non…Joey Star, naaaan…tiens il me doit dix sacs lui…ah ! Je l’ai… et…Ah merci pour le café Samantha….Apportez moi une autre poche s’il vous plaît…c’est pour mes…mes…enfin vite quoi ! »
- « Ouep ? »
- « Ah, Jamou…Excuses-moi, je faisais un peu de promotion… »
- « Ca c’est bien passé ? »
- « On négocie… »
- « Ah ? »
- « Bon, tu me fais une méga-promotion de la boîte dans ton coin. Je veux que ça pète, je veux que l’on y croit et… »
- « Mais on y croit, je… »
- « Ouais ouais, je veux que l’on parle de nous aux quatre coins du monde. D’ailleurs, j’ai un plan pour toi à Singapour, un truc d’enfer…Paupaul t’a pris un hôtel…
- « je… »
- « Bon @+ ma puce, je dois recevoir des meufs de « Lesbiennes et armées » pour une entrevue. Tchao ptit canard… »
- « Ah ok, Singapour ?... »
- « Ouais, maseltof ou un truc dans le genre….Ah au fait, c’est toi qui a fait les communiqués de presse dernièrement ? »
- « Hein ? »
- « BIP BIP BIP »…

_________________


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MessageSujet: Re: Trifouille International   Jeu 31 Mai - 12:12

Jamou n'avait rien compris au coup de fil de Manolo. "Il veut que je devienne lesbienne! ET à Singapour en plus!! Bordel! Pourquoi pas la guinée équatoriale, tant qu'il y est! Bon, demain ça va être rock'n roll, la Trifouille en force ouais ouais! Je vais profiter du concert de Diams pour faire de la pub!"

Les doigts de pied en évantail, un coktail au jus de pois chiche glacé dans une main et la télécommande de sa maquette d'hélicoptère dans l'autre, Jamou le trifouillard s'employait avec conviction à emmerder les insectes qui culbutaient le néon. Pif pif pif ploc.ploc.ploc ploc. Ceux qui n'étaient pas matraqués par Pikouz l'hélicoptère finissaient par s'assommer sur la lampe."Yeah! Prends ça dans les dents..Euh..dans les mandibules, fieffé diptère! On attaque pas la Trifouille impunément!"
On frappa à la porte. Surpris, il planta l'hélico dans la casserole de ratatouille qui bouillonnait sur le réchaud."Merde! J'arrive, deux secondes!"
-C'est pourquoi?demanda t il, docilement car il avait reconnu Madame Concierge, la terrible gardienne.
-Jamou? Jamou le Trifouillard? Chambre 65?
-Euh, oui c'est ça. Que puis je pour vous?
-Votre chèque pour le loyer...Il n'est pas passé. Sans provisions.
-Hein! Pourtant, le compte est approvisionné comme il faut et ...
-Va falloir payer. Vous avez du liquide?
-Ben non...J'ai pas un rond!Attendez, je passe un coup de fil!
Tidudu tidudu tiiii tidudu tidudu...Vous êtes bien sur le répondeur de Trifouille Corp.; Samantha Fox à l'appareil. Le standard est ouvert de 8h à 9h30 et de 16 à 17h, les mardi, vendredi et lundi. Si c'est Jamou, Manolo et Paupaul sont momentanément injoignables, pour des raisons sérieuses et importantes. Vous êtes bien sur le répondeur de ...BIP BIP VOUS N'AVEZ PLUS DE CREDIT. PENSEZ A RECHARGER. VOUS POUVEZ TELEPHONER JUSQU'AU 12 juin 2007, MAIS HONNETEMENT SANS FORFAIT VOUS N'ARRIVEREZ A RIEN...BIP BIP
-Ouais, bip bip, merci du renseignement...Jamou se tourna vers la concierge: "Tout va bien! Situation under control! Ca va s'arranger!
-Pas de jetons, pas de lessive! Vous avez un quart d'heure pour vider les lieux!
-Quoi! Attendez, on peut pas s'arranger? Je suis un pauvre lapin de garenne de l'espace à la retraite, ma pension d'invalide de guerre est bien maigre et..
-C'est ça, c'est ça, vous direz ça au canard à l'orange qui est en arrêt maladie dans la chambre d'à côté!
-Haha..très drôle..Sincèrement, j'apprécie votre humour, on vous a jamais dit que vous aviez une ...magnifique...euh..blouse de concierge?
-...

Un quart d'heure plus tard, Jamou était dehors, Pikouz et ses maigres affaires empaquetées dans son sac à dos.
"Super! Manquait plus que ça!Bof..la nuit est belle, je vais pouvoir pioncer dehors!" A peine avait il prononcé ces paroles qu'une splendide ondée tropicale s'abattit sur la ville."...vraiment..Super..."Jamou était dans la panade. De plus, sans argent, allait bientôt se poser la question de la rémunération du narrateur. "Hein? Attends, tu vas pas me faire ça?"Malheureusement, sans argent, la narration risquait bel et bien de prendre l'avion pour le COsta Rica, afin de goûter au repos sur les plages de sable blanc, bercé par le murmure des vagues venant se briser sur la côte. "Mais y a ça ici aussi! Reste, allez, stp!"...
...
"Oh, super! De toute façon, si c'est pour passer trois plombes à écouter des descriptions sans interêt, je préfère encore la faire moi même la narration!"
La nuit était noire. Euh non, la nuit était un tantinet obscure, parfois sombre et d'autres fois non. Oh, bordel! On voit rien, quoi! Je vais devoir trouver un endroit ou pioncer...Je vais aller là bas, près des arbres. Ou des poteaux téléphoniques, je vois pas très bien. Bref, là bas.

Dring dring! Dring Dring (c'est le réveil). Moite, pas rasé et super véner de m'être fait lâcher par cette lopette de narrateur, je me rends compte que j'ai faim. La Trifouille compte sur moi. Je ne dois pas mourir bêtement d'inanition ici, perdu au milieu de grande flaque d'eau salée dont je ne me souviens plus du nom. N'ayant plus un radis pour payer le téléphone, je vais devoir me débrouiller sans l'aide de Manolo et Paupaul. De toutes façons, ces deux là...Jamais dispo quand on a besoin d'un peu de réconfort. Bon, attendez voir...Qu'est ce que c'est que ça? Un tas d'ananas! Yeepee! Je vais pouvoir me faire péter la panse! Non..minute... ya mieux à faire.

"Ananas! Ananas! Who wants an ana...qui veut un ananas!! Ils sont beaux mes ananas! Tâtez, monsieur, ils sont frais!Je vous les fais pour pas cher!
-Ma foi, jeune homme, je suis fortement interessé.
-J'vous en met combien?
-Deux trois s'il vous plait.
-Et hop! Deux trois ananas on the rock! ça fait..hum..15 euros!Payable en une fois sans frais, cool non?
-gargl..hein?
-Ben oui, tout est cher ici. Ces ananas poussent en Inde, puis sont envoyés en Belgique pour subir un contrôle technique. Ensuite on me les envoit ici par bateau. Faut bien que je me fasse une marge, mon bon monsieur!
Il trouve ça un peu cher. Il me demande si j'ai ma licence de vendeur d'ananas.
-Bien sûr! Un instant s'il vous plait...Et voilà!"Je lui montre ma carte de bibliothèque, perimée, en espérant que ça prenne. Apparemment non. Il me colle un bourre pif, puis s'éloigne. Occupé à me masser la joue, je continue de gémir "Ananaaaas, who wants an ansnana..." sans grande conviction. Un homme, torse nu et chapeau de paille se dresse devant moi. Derrière lui, une sorte de malabar coiffé d'une casquette "Gangsta Carribean da Rules", groupe inconnu au bataillon, fait jouer ses muscles et craquer ses articulations.
"Salut petit. Tu n'as pas de licence? Je vais t'en vendre une.
-Mais...j'ai pas d'argent m'sieur. Sinon je vendrais pas ces foutus ananas, non?
-Pani pwoblem, pani pwoblem. Tout ce que je vais te demander, c'est un service. Tiens, voilà ta licence. Je reviendrai te voir...
-Euh, merci. Vous êtes vraiment trop sympa monsieur! Ca me réchauffe le coeur! Enfin quelqu'un qui m'aide sans arrière pensée!
-Héhé...pani pwoblem..."
Rendu confiant par ma nouvelle condition de vendeur d'ananas à la sauvette officiel, je continue à brailler joyeusement. "Ananas homologués! Ananas certifiés! Venez goûter mes ananas labelisés! MMh, je me retiens à grand peine de les boulotter, tellement ils sont garantis AOC! Ananas griffés!"

Bien ouéj Manolo, me suis bien marré!
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Jeu 31 Mai - 12:45

hinhinh
le regent se debarassa de son costrume et de son modulateur de voix.. "Gangsta Carribean da Rules" hinhinhin.. "pani pwoblem" HINHINHINHINHAHAHHAHAHAHAHAH
le rire sadique propre a tout les mechant de mauvaise serie tonitrua de toute ses bretelles dans le pantalon de la realite a singapour.
La carte donnée a jamou a allait lui apporter bien plus de succès qu'il n'en attendait. Le Deal d'ananas de singapour etait en soi un petit depart dans la grande course techno capitaliste dans laquelle le regent s'etait lancé.. un debut de corruption douce du sieur Jamou qui allait petit a petit le faire monter dans sa renommée et lui donner de plus en plus d'obligations envers le regent, pret a se grimer comme une pute de basse fosse pour atteindre son objectif: heu... top secret.
grimpant dans sa capsule privée qui le mènera sous peu a son vaisseau privé, le Graviton III, il enclencha sa telecomande a usage unique...

quelques kilometres plus loin. Un hangar poussiereux, des piles de calendriers de toutes les dates et toutes les types d'années possibles avec pour seule image des chiots et de chatons se debattant joyeusement dans des pelottes de laine (un collection privée du regent contiendrait ces memes petites betesavec du fil barbelé lors d'une ultime sceance de prise de vue). Les mouches en hibernation commencait a reprendre vie suite a l'ouverture des volets d'acier soudaine qui s'etait declenché plus tot tandis qu'un doux vombrissement suivi d'une petite musique d'ouverture digne d'un Windows PURPURIN 3500, deux trois saccades soudaines sous une bache, puis a nouveau un vombrissement calme.
la bache se fendit soudainement et un ombre se degagea et sortit pataudement en broyant les mouches..
'Aye Aye Aye, j'ai oune de ses mal au crane!j'ai comme une envie de vendre yé né coumprend pas."

Le regent, de retour au siege de Pale patine et sirpotant un Rhooom, etait plutot content de sa blague, il avait retrouve le vaisseau en ruine de Poncho Cortadez, le poubelier VRP en calendrier de l'espace. Son labo en avait fait une machine a vendre, mediocre certes, mais il faillait bien que jamou se sente que le regent restait contre lui malgre l'effarant coup de pouce qu'il lui avait donné dans l'ombre.
Tapotant son holophone, il se resservit un verre en attendant que les choses arrivent...
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Ven 1 Juin - 17:14

La nuit approche. Depuis le début de l'après midi, un sale bonhomme vêtu d'un maillot de corps crasseux me fait de la concurrence. Il tient un stand de fruits de la passion, juste en face de moi. Un vrai stand en plus. Un étal, un petit toit couvert de paille... Sale type!

Le mec à la casquette Gangsta Carribean da rules est revenu, tout à l'heure. Il a dépoté un pick-up d'ananas juste à mes pieds, avec un sourire suffisant...Je lui aurais bien effacé ce rictus à coups de poings dans la face, s'il avait pas été aussi baraqué! J'ai écoulé une partie du stock, mais je suis loin du compte. Il me faut pas mal de blé pour cheter un billet pour le concert de Diams. Même pas sûr d'en avoir un, d'ailleurs. En plus, je crève la dalle. J'ai mâchonné quelques feuilles d'ananas, pour éviter d'entamer mon gagne pain. Et maintenant, ce type en face me pique ma clientèle.
"Fruita de la pasioné! Mucho gusto! Qui veut oune ananas?" Bordel, l'espingouin a même une guirlande lumineuse! C'est mal barré. Je m'approche de lui, tout en gardant un oeil sur mes fruits."Holà, Rodrigo! Ouais, toi là bas!
-Oune ananas senior?
-Te fous pas de moi, hombre! Tu vois pas que j'en ai jusque là, des ananas?? J'étais là avant, faut que tu décarres d'ici vite fait. J'ai une Trifouille à faire tourner, moi!
-Qué? Yé ne compérend pas, Senior. Une mangue, pé êtré?" C'est le fruit qui fait déborder le panier. A grands coups de Santiag à bouts ferrés, que m'avait généreusement donné Manolo avant mon départ ("Mets ça Jamou, les trifouillards doivent TOUJOURS avoir la classe!"), je défonce le stand de Don Quichotte.
-Olé Senior, arrêtez ça tout de souite!
-Trop tard, Bernardo, c'est la loi de la concourrencé. Pas besoin d'avoir fait HEC pour savoir ça, hein?" Après lui avoir piqué sa guirlande, je retourne à mes ananas. Avec ça, il aura du mal à me faire de l'ombre!

-Petit bois pour le feu! Fruitas de la pasion! Poncho il a tout ce qu'il vous faut!
Bordel, ce mec est une vrai machine à vendre ou quoi?? Je lui démolis son stand, et il trouve le moyen de le vendre...Effarant...Il me reste à peine quelques heures avant le concert...Sainte mère Trifouille, c'est mal barré!
Le soir tombe. J'ai réuni trois euros six sous...J'espère que Diams pratique les mêmes tarifs que Stone et Charden, sinon je suis bon pour resquiller!
Gangsta man trouve rien de mieux à faire que revenir se planter devant moi. Poliment, j'attends qu'il parle avant d'aller voir ailleurs s'il n'y est pas. Il commence à battre la mesure sur sa cuisse. Poum pouah poum poum.
-Lebossaunmessagerabadabadamlebossaunmessage!IlveutquerabadadadamIlveutquerabadabadamtuaillesvoirDiamscesoirrabadabadam, rabadabadamdam yeah!Rabadabampoumpoum, tu
doismontersurscènerabadabadam,montersurrabadabadamscèneetcrierrabadabadam"La seine St Denis elle a perdu son rabadabadamdam chat!"Rabadabadam poum rabadabadam
-Hein? Tu peux me la refaire, sans les rabadabadam s't'eu plaît??"J'ai pigé que dalle. Gangsta man parle trop vite, ça ressemble...à du Ragga. J'aime pas le Ragga.
-Le patron veut que tu montes sur scène, poum poum, ouais il veut qu'tu montes sur scène rabada..Hum, tu dois crier sur scène "La Seine Saint Denis a perdu son chat!". Pigé?poum poum
-Mouais...en parlant de perte, ton patron aurait pas paumé quelquechose lui aussi? Genre, le truc gris et mou qui fait tampon entre ses oreilles?
-Poum poum parle pas comme ça du patron, tu risquerais de le regretter! Rabadabada,rabadamdam!
-Bien...Et comment je fais pour aller au concert? J'ai pas assez d'argent!
-C'est pas son pwoblem, radadadadadadam!"Gangsta rabadabadam tourne les talons et disparaît dans la foule. C'est toujours ça de gagné. Reste le problème du billet. Bof, je verrai ça sur place..J'attrape un ananas et le balance dans la tronche de Fernandez."Tiens, bouffe ça Ramon Perez!" Pure méchanceté. C'est dingue, ce que ça peut faire du bien!

Je traîne les pieds jusqu'au stade où Diams donne son concert ce soir. La foule est dense, on entend des bruits de basse. Les musiciens s'accordent, sans doute. Minute...les musiciens? Me semblait que j'allais voir Diams, ce soir?²J'attrape un passant par l'épaule. "Hep, excuse moi! C'est pas Diams qui joue ce soir??
-Hein? Quoi? Hé ho, ça va pas, j'ai eu une trouille bleue! Ouais, c'est Diams qui joue ce soir. Avec "Baby wom", un groupe de zouk local.
-Du zouk? Intérieurement, je soupire. Ca aurait pu être du ragga.
-Allo, ça va mec? T'es en Guadeloupe, Karukera, les caraïbes...Du zouk quoi, bordel!" Je ne prends même pas le temps de répondre. Je file vers l'entrée de derrière. Je tourne pendant dix minutes avant de me rendre compte qu'il n'y en a pas. Merde! Si je dois passer par l'entrée principale, bonjour la discrétion. Un plan avait germé dans ma tête...Oh oui, un sacré plan!

Un sacré plan...J'ai le temps d'y repenser calmement maintenant, dans le fossé où m'ont cordialement ejecté les videurs. En même temps, se faire passer pour le bassiste de la compagnie créole, c'était pas VRAIMENT une bonne idée. Bref...On va revenir aux choses simples. Un bon délestage en règle devrait fonctionner. Je m'approche discrètement de la foule, sans me faire remarquer des videurs. Du coin de l'oeil, j'aperçois une masse informe d'un blanc crasseux qui sautille sur place, l'air de vouloir passer devant tout le monde. C'est Don Pedro! Haha...dommage
pour lui...Je l'aborde par derrière en lui posant une main sur la fesse gauche (une technique que m'a enseigné Paupaul, "ça marche à tous les coups!"). Soudain, je me rends compte qu'il ne m'avait pas précisé ce qui marchait "à tous les coups". Don Diego se retourne, le regard langoureux (Et merde...Merci Paupaul!). "Oh, es tou...Yé né savais pas pourquoi tou avais détrouit mon stand, ahora yé comprend. Tou voulais attirer mi attentione...Tou aurais dou lé dire plou tot, coquinou!"
-Gargl..haha, bien sûr! Je..j'osais pas, c'est tout. Je savais pas que tu aimais Diams, Alfonso!
-Yé m'appelle Poncho, caro mio. Poncho Cortadez. Mais tou pé m'appéler Ponchito, ça mé férait plaisir." Bordel, bordel, il glisse sa main autour de ma hanche...Je sens que la solution est peut être là. Adapte toi, disait Manolo, quand tout va mal ça ne peut pas être pire.. Ou comme disait paupaul, une vraie mine de conseils: Quand le viol est inévitable, détends toi et profite de la vue. Ou lis un bouquin. Espérons qu'on en arrive pas là...J'ai même pas emmené ma collec France-Loisirs avec moi...
-Hum..Ahahaaaaaa...Dis moiiaueueuaaaa Ponchito, tu as des places pour le concert?
-Olé! Tou a l'air tendou..Yé n'ai pas dé places pour le concert, non..
-Dommaaaaaageaaah. Je frémis sous le contact à la fois adipeux et rugueux de Poncho. Brrr. Un début de nausée me gagne.
-Yé né pas de places, pero yé pé entrer quand même...Yé souis el propriétaire del stadio, maintenant.
-Hein!! Et depuis quand??
-Dépouis dix minoutes. Yé viens dé l'achéter. Tout à l'heure, yé vendou mon stand y frutas a oune éleveur de castors, quien avait mucho besoin de petit bois. Avec l'argent, j'ai acheté une voitoure et fait le taxi pendant quelques minoutes. Despues, j'ai monté ma propre entreprise de taxis...Yé ouvert le capital à un fonds dé pensione de Florida, y yé gagné mucho dinero. Ensouite, yé tout révendou. Yé pou achéter oune quartier dé la ville, qué yé revendou a un grupo de touristas japonésé en lér racontant n'importe qué,qué la voue était souperbe, qué ça
vaudérait lé triplé dans trois anos, equeucétéra...
-...
-Y avait téllément d'argent qué yé savais plou qué achéter...Alors yé achété el stadio.
-Tout ça en trois heures?
-Si." Nom de nom, ce mec est vraiment une machine à vendre! On devrait peut être l'embaucher. La Trifouille pourrait avoir besoin d'un mec pareil. Il sort l'argent de nulle part, c'est à se demander! En plus, je pourrais le présenter à Manolo..Haha..Ouaiis..Ca vaudrait le détour!
-Dis moi Ponchito-chou, ça me ferait vraiment plaisir de voir ce concert. Tu voudrais pas qu'on y aille ensemble des fois? Après on pourrait..hum..Aller boire un verre, qu'est ce que t'en dis?" Tu-fais-ça-pour-la-trifouille. Tu-fais ça-pour-la-Trifouille. Trifouille. Oh, Saint Valheru, père du floude, priez pour moi! Manolo...Grr...
-Mais c'est oune souper idée! Tou t'appélé comment?" Non mais je rêve! Il vient de me pincer les fesses. Contracte, contracte...
-Yé..euh je m'appelle...Manolo (haha, bien fait pour lui!).
-Tou es espanol, c'est souper!
-EUh. Non, je suis suisse. Manolo c'est parceque...parceque..c'est un pseudo. En fait je m'appelle Jean-Eudes de la Pétunière, et j'aime jouer au polo (Reprend ça dans les dents, Manolo!) Avec de l'imagination et un litre de scotch, ça donne Manolo.
-Soupère!Ven con migo, Manolito! On va bieng s'amouzé!
-Youuupi..." Beuh, en plus on va voir Diams!
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Morphal IV
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Sam 2 Juin - 17:30

Avec un léger soupir Eugène-Épicure se lava les mains pour la 278 ème fois de la journée... Encore une fois la journée avait été longue, très longue, mais riche en enseignements.
IL jeta dans le bloc désintégrateur sa blouse renforcée à usage unique, dégoulinante d'un liquide vert fluo et gluant ressemblant à du slime... et se relava les mains une 279 ème fois en grommelant.
Les sacrosaintes règles de l'asepsie ne souffrent aucun écart, il faut se laver les mains APRES avoir jeté la blouse pour éviter toute dispersion du bacille de Coq779. Ou tout autre germe spatio-anaérobie susceptible de contaminer ces pauvres Extros.
En enfilant son costume de ville devant la glace de son casier ouvert, il ne put s'empêcher de reluquer, avec un air mi-satisfait, mi-tendu, la faible amplitude de son bedon dans son pantalon béant. Mmmmh... au moins 90kgs à vue de nez. Et en un peu moins de 7 mois. Sa propre mère ne le reconnaitrait probablement pas (quand à son pauvre papa, il le déshériterait sans aucun doute... s'il était encore de ce monde ).

Les yeux cernés mais l'âme en paix, de ceux qui ont passé une journée utilement et honnêtement remplie, notre homme se dirigea tranquillement vers la petite chambrette qui lui était attribuée dans un bâtiment communautaire aux abords des locaux tout neufs du D.I.G.I.E. (Dispensaire Interdisciplinaire Gratuit Pour Immigrés Extragalactiques).
Il s'essuya flegmatiquement les pieds sur le paillasson et lança un "bonsoir madame" aussi aimable que possible a la revêche surveillante , la redoutable Madame Valpoun, terreur des campus (regard noir et moustache rebelle à l'avenant), avant de s'enfermer à double tour dans son "home".

Enfin seul à l'abri des regards, il se laissa tomber sans retenue aucune devant son vieil ordinateur poussif, avec un grincement de chaise qui en disait long sur son état de fatigue.
Mais au lieu d'aller consulter son compte Meatic ("le vrai site de rencontre des viandards" dixit boris, son gros dégueulasse de voisin de chambrée, qui n'était pas sans lui rappeller ce cher vieux Barney), il exhuma de la page des favoris l'adresse d'un obscur site de vente par correspondance de polyanus artificiels et tapa un code à 12 chiffres dans la case "identifiez vous".
Il ne fallut pas plus d'un tiers de fraction de secondes à sa bécane, en réalité un Robtec 456 (10 puissance 88888 GalactoGigas) banalisé, pour se brancher sur le réseau de surveillance personnel du chef du M.R.U.A.P.
Ce pauvre Starfok en ferait probablement une maladie s'il savait qu'il l'avait fait piraté avant de partir... (contrairement à ce que son régent pensait, les recherches sur les technologies laser dans lesquelles il avait investi tant de ronds ne lui avaient pas servi qu'a mettre au point des chaines dernier cri).

Tout en sirotant une canette de diet coke prohibée de Moussaka-la-grande, il passa distraitement en revue les images holos des robots espions ultraminiaturisés qui suivaient les moindres faits et gestes de tous les "agents séditieux " de l'Empire (l'essentiel de la cour et l'intégralité des ambassadeurs rentraient visiblement dans cette catégorie selon les critères de cette chère vieille crapule paranoïaque de Starfok).
Après avoir assisté, en esthète, à la fin de la 3ème douche hebdomadaire de Ségolange et vérifié que Dwarf Meal VIII n'était pas encore sorti de sa période d'hibernation, il cliqua avec un petit bâillement de plaisir sur la rubrique "Trifouille" (la seule qui bénéficiait d'une retransmission en ultra haute qualité).
C'était une manière plutôt agréable d'occuper ses soirées pour un Roi en exil dans le trou du cul de la galaxie (c'est en tout cas la façon dont la plupart des habitants de l'Empire définiraient la face cachée de Pêche-Melba au cours d'un micro-trottoir).
Ca lui rappelait le temps où il ne torchait pas des culs violets tremblants de fièvre toute la journée. Les fastes de la cour, l'adulation de milliards de sujets repus, les manigances des courtisans, une vie de dilettante complet. Oisive, vide... Ca ne lui manquait pas précisément. C'était même plutôt jouissif à bien y réfléchir, que de voir la surveillante du campus engueuler le Dirigeant Suprême de la F.A.I.M (et fondateur anonyme de la structure médicale et universitaire qui l'emploie) parce qu'il a oublié de sortir ses poubelles...

Après avoir assisté, avec un amusement attendri, aux frasques de Manolo et Paupaul, Morphal IV s'absorba plus précisément dans les déboires de ce pauvre Jamou, jouet des machinations de son sadique de bras-droit. Avec un petit sourire, il exhuma son carnet de chèque de la poche de son veston. L'un des seuls de l'univers à comporter suffisamment de place pour des chiffres à 20 zéros...

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MessageSujet: Re: Trifouille International   Dim 3 Juin - 11:32

Ouais vive le Roy !!!!
(vous me faites bien marrer bande de oufs )

Une Margarita dans la main, Glamour dans l’autre, un bikini rose et mauve qui fait bien ressortir son bronzage et ses faux ongles, Doll bronzait prés de la piscine du Hilton Hôtel de Huntington Beach prés de L.A.
« Tiens Lindsay Lohan s’est encore refait faire les seins, et cette grosse dondon de Scarlett Johansen voudrait bien se taper Justin Timberlake, pfffft » pensa-t-elle.

Un Monokini orange et marron de Banana Moon et un superbe bronzage californien habillaient Jessica Singsong, qui sortait de la Piscine, telle une sculpturale déesse sortie de l’eau.
« Doll tu me prête ta serviette ? »
« Tiens attrape, mais arrête de tout le temps perde la tienne, c’est relou à la fin !!! »

Ségolange Princière, tout de noir vêtue (Azedine Alaïa), un chapeau immense sur la tête, et des lunettes de soleil noires sur le nez, afin de protéger son teint diaphane mythique, accourra vers Doll et Jessica, visiblement contrariée.
« Les filles, on a un problème ! »
« Ah nan hein c’est pas l’heure de faire des maths j’en ai marre de vos cours de soutiens !!! J’en ai pu besoin t’façons ça sert à rien d’étudier !!! »
« Jessica ferme-là, on parle pas de maths !!! »
« Je viens de lire un message top secret du Roy. La Trifouille a envoyé un Lapin en Guadeloupe. Il faut absolument qu’on y aille et qu’on l’empêche de rependre son message nauséabond !!! »
« Ah trop cool, j’adore la Guadeloupe !!! Yo ganja man !!! »
« Mais pourquoi un lapin ? J’espère que c’est un lapin nain bélier angora au moins !!! »
« Bon on applique le plan A3 et on doit encore trouver un nom pour notre bande !!! »
« Moi je sais !!! Totaly Spies !!! »
« Tain Jess merde ferme-la !!! »
« Charlie’s Angels alors ? »
« ……………… »
« Je sais !!! « s’écria Doll : « Les Shaggy’s Girls !!! »
« Bien joué Doll ! Allez, préparez-vous, on doit être à LAX dans 30 minutes !!! »

« Quoi ? 30 minutes ??? Nan mais ça va être possible je dois me faire un brushing et j’en pour au oins 45 minutes !!! »

« ……..TA GUEULE JESS !!!!! »
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Dim 3 Juin - 13:32

"... C'est un amour de vacances
Une histoire sans lendemain.
Mais à laquelle on repense
Les yeux pleins de chagrin
Avec la même impuissance
Face au temps assassin
Dont l'indolance
Rend orpheliiiiiiiiiiin.

Il n'y a pas une seconde
Où je ne pense à toi
Et quand le tonnerre gronde
J'entend le son de ta voix
Cette voix unique au monde
Qui me répète tout bas :
"Je t'aime, je t'aime"

Ne m'oublie paaaaaaaaaaas..."



C'est à ce moment-là qu'il appuya sur le bouton eject de son auto-radio et qu'il en extirpa la cassette Best Of AB Productions 1992 de sa Ford Mustang Mach 1, édition 1969, le coupé de l'excellence. Lunettes Ray-Ban Highstreet vissées sur le museau, ses gants en cuir fin à la Danny Wilde aggripés au volant luxury à 3 branches, sa Air Jordan I écrasant l'accélérateur et faisant vromber avec encore plus de frénésie le moteur V8 351 Windsor du bolide américain. La route était déserte, autant se faire plaisir et avaler les kilomètres en usant la gomme, c'est fait pour ça.
Le message du Roy était clair : "Mimu Princier, garde des Zoos du Saint Empire Boulimik, un cousin germain hispano-espagnol-portugais du côté de chez Swan, et accessoirement protégé du Régent, s'est fait ruiner son stand de duty free par un Lapin Triffoullard. Va arranger ça ou je marie Ségolange à Ange, et elle aura un nom ridicule comme ça. Le joueur de castagnettes s'appelle Poncho Cortadez".

La lettre était scellée du Crachat Royal, preuve que ce n'était pas une blague carambar, mais bel et bien une missive émanant des hautes instances de l'Empire. Et en tant que Ministre des Pauvres mais surtout Citoyen d'honneur de la Trifouille, il lui fallait à tout prix régler ce problème, par la voix diplomatique si possible, sinon on utilisera la bonne vielle méthode anglicane : le jet de crottes de nez dans l'oeil.

Donc il avait été mandaté par son souverain pour régler cette histoire de fruits et légumes, mais toute discrétion gardée.
"Il est marrant le père Morphal, je vais en territoire ennemi, en plus en Martinique, et il veut que je sois discret. Il en a de bonnes lui!"...


Mimu réalisa à ce moment...


"Meeeeeeerde!!! la Martinique!!! Mais c'est pas là qu'il faut que j'aille!!! c'est pas en Martinique bordel!"

le coup de volant sec mais assuré qu'il mit fit crisser les pneus de la belle américaine chromée, et le virage à 180° qu'il effectua était parfait. Demi tour, direction l'Aéroport Rosy Varte, et penser à prendre au passage Zovirax, "il pourra m'être utile".

La machine Mimu était en route elle aussi, et ça allait faire du bruit.
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Lun 4 Juin - 17:12

Petit rappel politico-historique à l'usage des ignorants : l'exception Terre
(approximation indigène de l'acronyme T.E.R. : Terrain d'Entente Reconnu, certains terriens le prononce à l'envers : E.R.T. ou "Earth", mais ça veut dire la même chose)

Située à mi-chemin des principales routes de navigation spatiale empruntées de nos jours, cette petite planète (qui, soyons honnêtes,
ne paie pas de mine à première vue) remplit un rôle unique en son genre dans la géopolitique galactique.

Ancienne colonie des Rois Gloutons durant l'époque pré-schismatique, elle fut découverte, colonisée et oubliée presque en même temps.
Un record dans le genre. IL faut dire que sa découverte précéda de quelques années seulement l'accession au trône de Chipoth 1er et
le début des meurtrières guerres de religion .
La Guilde des Découvreurs ayant fait sécession (ils étaient presque tous d'obédience céréhalienne), les pauvres colons furent laissés
complètement à eux mêmes dés le début des troubles qui secouèrent la civilisation gloutonienne durant tant de siècles, et, pour tout
dire, presque immédiatement oubliés dans l'indifférence générale...

Un peu déboussolés, ils tentèrent sans doute de s'organiser comme ils purent (on a pour ainsi dire aucune information à ce sujet) mais
quelque chose a du merder, et leurs descendants finirent par perdre le souvenir de la façon dont ils avaient atterri ici.
(certains scientifiques avancent l'hypothèse d'une foudroyante intoxication alimentaire à base de dodos qui n'aurait épargné que les
nouvelles générations).
Revenus à un stade technologique extrêmement sommaire, ayant notamment perdu la maitrise de voyage spatial, les malheureux en vinrent
même à s'imaginer seuls dans l'univers.

Quelle ne fut pas la surprise d'un routier galactique, quelques 1000 ans et des poussières plus tard, que de tomber par le plus grand des
hasards (alors qu'il cherchait un coin à l'atmosphère respirable pour casser la croute) sur des gugusses en cuissardes baragouinant
un abominable patois, se battant à la rapière et faisant encore bouillir leur viande avant de la rôtir. Des hurluberlus hallucinants
qui n'avaient même jamais entendu parler de l'Empire!

En dépit de sa faible importance économique, la découverte fit grand bruit dans l'Empire à peine stabilisé
et fut à l'origine d'un sacré bordel diplomatique, les Dirigeants vianddhistes et céréhaliens se disputant sa possession avec passion
(plus pour le principe en fait mais ça commençait à chauffer).
Ne souhaitant pour rien au monde voir se reproduire les massacres de la Guerre d'Alimentation, le Souverain de l'époque, Findus II,
trancha par un compromis des plus singuliers : Puisque c'était comme ça, la planète n'appartiendrait à personne. ("Na!" Ajouta t'il selon certains biographes)
IL fut ainsi décidé d'en faire une sorte de réserve naturelle pour préserver cette civilisation spontanée des plus singulières,
où les questions de bouffe ne semblaient diriger ni la politique, ni les arts, ni la religion... (on a longtemps pensé qu'ils simulaient).
Le tourisme y fut interdit de manière draconienne, pour éviter de mettre la puce à l'oreille des naïfs autochtones, mais chaque
représentant de la moindre faction politique ou religieuse y aurait droit de séjour. Ce qui faisait déjà pas mal de zozos
(et c'était sans compter les inévitables immigrés clandestins et les marginaux en fuite).

Rebaptisée officiellement T.E.R. 1 (on finit par oublier le numéro, la situation ne s'étant jamais reproduite nulle part), la planète
sert depuis de terrain diplomatique neutre à toute la galaxie... et de village de vacances en vogue pour le gratin des diplomates.
A tel point que Goinfrh IV décida d'y déménager officiellement le quartier des ambassades (après tout c'est à peine à 2 000 000 d'années
lumières de Gloutonnia, 15 minutes en petit transporteur).

A noter : Devant la multiplication croissante d'impairs génants au cours des derniers siècles, menaçant sérieusement de faire découvrir
le pot aux roses aux terriens (paco rabane, Adrian Ferra, les beegees,... pour ne citer que des exemples récents), Morphal III proposa de créer
un service spécial d'agents chargés de faire respecter l'ordre et la dissimulation sur T.E.R. : la Mystification and Investigation Brigade
(sous le contrôle strict du conseil de sécurité pour éviter toute atteinte au principe de neutralité).

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MessageSujet: Re: Trifouille International   Mar 5 Juin - 12:49

Laisse moi kiffer la viiibe aaavec mon mec
chui pas d'huuumeur à c'qu'on m'preeeenne la tête
ouesh ouesh alors fais pas d'boulette!

Purée...je suis coincé depuis une demie heure entre Poncho et une vieille peau au sourire crispé. Si je la fais rigoler, ses élastiques vont péter! Doit au moins y avoir 8 bars en traction, là dedans! Faudrait pas être derrière le jour où ça lâche! Pff...Et Diams continue de brailler. "Ouais ouais non non hanhan hanhan" Poncho nous a obtenu des places dans la tribune VIP. La chanteuse arrête pas de jeter des coups d'oeil dans notre direction, genre elle va bientôt nous dédicacer une chanson, ou nous demander de monter sur scène...J'ai envie de gerber. La vieille s'est rapproché, j'ai l'impression. Un petit Yorkshire se niche dans son giron. Je déteste les Yorkshire... Poncho a l'air absorbé par le concert, autant en profiter. Je tente le coup. Je me retourne légèrement vers ma voisine, et je lui crie à l'oreille: "VOus connaissez l'histoire de la conne qui dit non?" Elle se tourne également, l'arrière du crâne dirigé vers la gauche de la scène.
-Non!
-Ah! Dommage!Et celle de Splash le Yorkshire?
C'est un yorkshire qui traverse la route, une voiture arrive, et splash le yorkshire!
-C'est vraiment son nom? Ce n'est pas un joli nom pour un Yorkshire!
-...
Zut, c'est raté. Je viens d'user tout mon répertoire de blagues, celles qui font un tabac d'habitude, mais pas moyen de dérider la vieille et de catapulter les tendeurs qui maintiennent son masque de clown rieur en place. Je suis sûr que j'aurais pu atteindre Diams avec...Je reporte mon attention sur la scène. La chanteuse est en train de raconter le lot de conneries habituelles sur sa vie et sur celle des autres. Elle veut que quelqu'un monte sur scène pour chanter un peu avec elle. Je plains le gogo qui va écoper de cette galère! Un projo s'est allumé, quelque part, et je n'y vois plus rien. Il m'éblouit littéralement. J'utilise ma main en guise de visière, pour apprécier un peu mieux le spectacle. Oh. Merde. Les gens me regardent.
"-Monsieur, venez sur scène je vous prie!"
-Hum...Moi?
-Oui oui, dépêchez vous s'il vous plaît!
-Hum..ok...Je me lève tant bien que mal, franchissant les quelques mètres qui me séparent de la scène. D'un petit saut souple mais mal jugé, je rippe sur le bord et me vautre dans la fosse. Ca commence bien. La salle explose de rire. "Well, well Jamou, on dirait que tu es fait pour la scène" me dis-je, alors que je monte les escaliers, que je n'avais pas vus auparavant. Diams se rapproche de moi et me tend un micro, retenant à peine son rire.
-SCCRROUUII..Hem Haha haha..hem haha oui c'était drôle n'est ce pas? Tiens, pendant qu'on y est, j'ai une ptite blague." A ces mots, Diams devient pâle. Elle secoue la tête et je peux lire sur ses lèvres "Non, pas de blagues! PAS DE BLAGUES!" Mais c'est trop tard, je me suis déjà lancé:
-Hem et bien c'est l'histoire de Flopflop le Yorkshire,
Il traverse un champ et une moissonneuse batteuse arrive, et flopflop le Yorkshire." Un silence gêné s'installe. Puis des cris venant du fond de la salle viennent percuter la scène. "Connard! Seine Saint Denis en Force! On va t'crever ta race!" Diams reprend les choses en main. Elle me prend le micro des mains, et se tourne vers le public.
"Héhé, ouesh ouesh on applaudit bien fort! " Elle se tourne vers moi et me demande mon nom. Je dois continuer à me faire passer pour Manolo, sinon Ponchito va me lâcher. Et j'ai encore besoin de son argent... "Ouesh on applaudit bien fort Manolo! Oueessh! Manolo en force!"
Je crois que j'ai pigé le truc, pour exciter le public faut que j'utilise du ouesh à tout va.
-Alors Manolo, tu viens d'où et qu'est ce que tu fais dans la life?
-Ouesh ouesh grosse,(elle me regarde de travers) je viens d'un planète lointaine et je suis membre actif d'une société intergalactique nommé la Trifouille! Ouesh! J'suis v'nu sur Terre pour diffuser un message à tous les gros et les grosses d'ici! Ouesh! Ouesh!"
-Haha..Ouesh, super Manolo, et c'est quoi ton message?ouesh?

-Ouesh grosse, c'est que les services secrets d'un empire intergalactique décadent ont mis au point un jeu vidéo qui pervertit les Terriens! Ca s'appelle subtilement Ogame! O pour Opium et Game pour gamète, comme les spermatozoïdes, les ovules quoi! Ceux là mêmes dont les joueurs d'Ogame n'ont plus l'utilité !Ils les lobotomisent pour en faire des sujets dociles! En plus ça stérilise la population! Ouesh ma vieille, c'est tout comme j'te l'dis!" Je m'arrête de parler, à bout de souffle. Pas un bruit dans la salle. "Oh, boulette." Diams me regarde avec des yeux ronds...Je sens qu'il faut rajouter quelque chose. Soudain, c'est le déclic. DIams=femme=lesbienne=armée=...égalité des sexes! Mais oui!

-Haha ouesh c'était encore une blague, super non! Bon, en fait, je fais partie d'une assoc, la Trifouille, et on milite farouchement pour redonner à la femme la place qu'elle mérite! Ouesh cousine!Vive la Trifouille!" Diams a l'air soulagée. Bien qu'un peu réticente, elle sent qu'elle a peut être bien à faire à un psycopathe. Je la comprends...à sa place, je me serais déjà probablement foutu dehors manu militari...
-AAahh, ouesh, j'préfère ça cousin! VIve la trifouille! Bon, assez parlé, tu connais la chanson de Brians Adams, de Robin des bois Prince des voleurs?
-Si je la connais! Ouesh, cousine, comme si je l'avais écrite!
-Musique!
Purée, heureusement que les trifouillards sont pas là pour voir ça!

C'est un peu maigre, je vais revenir à un autre style de narration...Faut que le narrateur mette un terme à ses vacances au costa rica!^^
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Mar 5 Juin - 17:19

Mr. Lover lover, Mr. Lover lover, girl, Mr. Lover lover
She call me Mr. Boombastic say me fantastic, touch me in me back
she say I'm Mr. Ro...mantic
She call me Mr. Boombastic say me fantastic, touch me in me back she say
I'm ro...



A bord d’un van Volkswagen orange, avec des planches de surf pour passer incognito, Jessica, la blonde plantureuse, Doll, la blonde plantureuse et Ségolange, le cerveau (c’est normale elle est brune), les Shaggy’s Girls sont en route pour retrouver le lapin de garenne nommé Jamou.
D’après leur source il serait à un concert de Diams.
« Ha ha Diams, nan mais la honte quoi, un gros tas avec un jogging rose en velours, comment elle est trop out celle-là, hein ouais Doll ? »
« Ouais, grave !!! Trop la honte !!! Punaise il est bon ce petit ponch coco, hein Ségolange ? »
« ……ui……il est b-bon ce ponch c-co-c-co !!! Hips !!! Meilleur que celui de B-Barney !!! Hips !!! »
« Ha mon petit Barneynounet me manque !!! Il aurait pourtant été utile dans cette mission !!! »
« Nan, p-pas besoin de c-ce gros dégueulasse !!! On se d-débrouille très bien sans lui !!!
DU RHUM DES FEMMES ET DE LA BIERE NON DE DIEUUUUUUUUUUUUUUUUUU…………beuaaaarg !!! »
« Oh mon dieu Doll on est en train de perdre Ségolange !!! Elle est bourrée !!!!
Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!! J’arrive plus à me concentrer pour conduiiiiiiiiiiiiiiiiiiire !!!! »
« Du calme Jess, respire, respire, je m’occupe de Ségolange !!! »
« ….damned, ce Rhum est vraiment trop puissant !!! Une arme secrète de la Trifouille ? M’étonnerais pas ! »
Pendant ce temps, les filles se rapprochent du stade où le concert de Diams a lieu.

« Doll ‘gad, y a plein de gens là, qui crie !!! »
« Le stade !!! Bon sang on y est !!! Vite Jess, gare toi, c’est le concert de Peggy la Cochone !!! »
« Ha ok !!! Il y a un spectacle des Muppet Show ? Mais je croyais qu’on allait voir Diams !!! Remarque j’ai toujours aimé Peggy !!! »
« Mais nan mais je parlais de Diams !!! »
« Hein ? Je comprend pas ? »
« Laisse tomber….bon qu’est-ce qu’on fait de Ségolange ? On peut pas la laisser ici toute seule, elle s’étoufferait dans son vomi… »
Elle décida donc d’emmener Ségolange avec elles. Les filles n’eurent pas de mal a entrer dans le stade, après avoir fait sa fête au vigile, Jess rejoignit Doll dans la foule.
« Regarde Doll, il y a un abruti qui s’est cassé la gueule en allant rejoindre Diams sur scène, hi, hi !!! »
« ouais, ouais, bon concentre toi sur un lapin !!! »
BROUHAHAHAHAHA BROUHAHAHAHAHA BROUHAHAHAHAHA Manolo BROUHAHAHAHAHA BROUHAHAHAHAHA la Trifouille BROUHAHAHAHAHA BROUHAHAHAHAHA

« MANOLO !!! Mais qu’est-ce qu’il fait ici lui ? »
Tout à coup, vision d’horreur, Ségolange traverse la foule, monte sur scène et s’empare du micro !!! Elle entame alors une chanson à tue-tête de son ex-boyfriend, le chanteur trache Parilyn Panson !!!
« Sweet dreams are made of these.
Who am I to disagree?
Travel the world and the seven seas.
Everybody's looking for something. »

Et là c’est le drame, Manolo, reconnaissant là la dame de fer , comme on l’appelle à la Trifouille, prend la fuite !!!
Doll et Jess essayent de le rattraper !!!
« Vite Jess, suis moi !!! »
« Hein ? »

« Some of them want to use you.
Some of them want to get used by you.
Some of them want to abuse you.
Some of them want to be abused.”
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Mer 6 Juin - 11:57

Jamou n'en revenait pas. Il allait entamer le premier couplet de "I will tatata by you" de Bryan Adams, en duo avec Diams, quand une furie ronde comme une queue de pelle s'était précipitée sur la scène. Après avoir collé un pain à Diams, qui se vautra dans la grosse caisse, emportant avec elle le guitariste de Baby Wom, la folle furieuse s'était emparée du micro et avait commencé à beugler. Jamou eut le temps d'entendre les premières paroles de "Tatata love", le célèbre hit du top 50 de Charles Bronson. Ou bien était ce Kirt Houston? Puis il reconnut Ségolange Princière.

Le flip intégral. Reprenant ses esprits à la vitesse d'un lapin honorant sa compagne, il trouva le courage de supplier la narration de passer en mode automatique.Comme une pute héroïnomane aurait quémandé sa dose à son maquereau. "Allez, oublie ce que j'ai dit et laisse tomber le costa Rica! Merde, j'aurais jamais le temps d'agir et de raconter ce que je fais tout à la fois! Pas avec Ségolange dans les parages! Faut qu'j'me casse en vitesse, s'teu plait prend le relais!" Muhahaha. Cette vieille lopette de Jamou, incapable de décrire un paysage avec plus de trois mots de vocabulaire, celui là même qui me traitait de lopette, moi le narrateur omniscient et omnipotent qui.."Abrège, bordel"! Bref...Jamou avait reconnu sa rivale et avait le trouillomètre à zéro. Les testicules dans les chaussettes. Autrefois, notre pleutre lapin de garenne avait été le collègue de la redoutable Ségo, lorsqu'il était ministre de l'étiquette et des petits fours pour le compte du Saint Empire Boulimique. Il savait de quoi elle était capable. Et il savait que si elle se trouvait dans les parages, c'était que l'empire avait décidé de lui infliger une correction de derrière les fagots. "Pas les coussins, pas les coussins..."gémit il inconsciemment.

Optant pour un repli stratégique, Jamou prit ses jambes à son cou et quitta la scène en courant. Ségolange Princière...les boulimiens lui avaient mis le grappin dessus. Comment avaient ils fait pour le tracer jusqu'ici? Le ROy aurait il pucé la Trifouille, comme il aurait bagué des boeufs destinés à l'abattoir? Ou bien était ce l'oeuvre du vil régent qui leur avait donné la chasse tant de fois par le passé? Inutile de se poser la question. Tout ce qu'il lui restait à faire, c'était de mettre autant de distance possible entre ses ennemis et lui. Jamou était sorti sans encombres du stade. Finalement, il y avait bien une porte de derrière. Le genre de porte qui apparaît magiquement lorsque tout va mal, ou alors tout simplement le style de porte camouflée dédiée aux artistes qui veulent éviter le lynchage! Une fois à l'air libre, il remit de l'ordre dans ses pensées. "Bon, je suis coincé sur une île. J'ai pas un rond, pas de téléphone...Je vais devoir utiliser le signal de rappel d'urgence." Le signal d'urgence avait été mis au point par les laboratoires Trifouillards, dans le cas plus que probable où un de leurs membres se retrouverait coincé dans une situation pareille. Seulement, il ne fallait l'utiliser qu'en dernier recours, car ses effets secondaires étaient terribles. Les scientifiques n'avaient pas voulu en dire plus, et les testeurs avaient tous mystérieusement disparu. "Tout ce dont j'ai besoin, c'est d'une banane et d'une ficelle." Un yaourt aurait fait l'affaire également.

Heureusement pour lui, les bananiers étaient légion dans les environs. Il enleva une de ses santiags, puis avisa un bananier non loin de lui. "Désolé Manolo, ma survie passe avant l'image de la Trifouille." Il envoya valdinguer la bottine dans un régime de bananes, qui poussa un petit cri aigu."Pas normal, ça..." Un écureuil bélier angora tomba de l'arbre comme une enclume. Peu au fait de la faune locale, Jamou n'y prêta guère attention...jusqu'à ce que les bananes se mettent à pleuvoir sur lui. "Oh mon Dieu! C'est quoi ce bordel!" Des petits miaulements suraigus s'élèverent des frondaisons, et la pluie de fruits s'intensifia. Ignorant la douleur, le trifouillard s'empara d'une banane et une fois de plus, employa tout son courage afin de s'enfuir loin de là. Courbaturé de partout, il alla se réfugier derrière des buissons. "Bon, alors. Aîe! La vache, ils m'ont pas raté! C'est quoi déjà la procédure???" Il fouilla dans ses souvenirs.
"1. Lever les bras au ciel, et invoquer la Trifouille selon les paroles rituelles: Trifouille là là, Trifouille là là, Oh Grande Trifouille mère de tout et bonne à rien, Oui Sainte Trifouille qui nous délivre de nos péchés, sors moi de là!" Jamou doutait réellement de l'utilité d'une telle prière. Après tout, les trifouillards n'étaient ils tous pas d'incurables athées? Dans le doute, il acheva l'incantation.
"2. Baisser son pantalon." Hum. Au moins, pas de doute, cette technologie était bien issue de l'esprit d'un Trifouillard.
"3. Attacher la banane avec une ficelle." Il attrapa la cordelette Just-in-case qui lui tenait lieu de ceinture. La banane était bien ficelée.
"4. Oh mon Dieu. J'ai peur de me souvenir..." Jamou jeta des regards inquiets autour de lui. Après s'être assuré qu'il était bien seul, il entama l'ultime étape de la procédure "Sauve-qui-veut". Eloignons nous un peu. La situation mérite que l'on prenne un peu de recul. Des cris de douleur fusèrent bientôt des buissons, accompagnés de flatulences on ne peut plus explicites. "Yaaaahahahaaarg!!! Yaaargg!!!OUuuuuaaarrg!! Aiiiieeeee" La faune locale, offusquée, refusa d'émettre le moindre glapissement durant l'opération. Quelques hurlements plus tard,le calme revint sur les environs. L'ambiance tropicale était à peine troublée par les halètements de Jamou. Prostré les fesses en l'air, le nez dans les feuilles mortes, il tenait dans sa main droite une chose qui n'avait plus de banane que le nom. Le fruit, qui n'avait pas mérité ça, pendouillait mollement au bout de la ficelle. "Ohhh...Saloperie d'étape 4...On arrêtera donc jamais le progrès!" Le tapis de feuilles se mit à remuer. Soudain, crevant la surface, un être ophidien, à mi chemin entre la trotinette et le ver solitaire, se mit à geindre. "Ma banane, ma banane, donne moi ma banane!" Jamou, démoralisé, à peine surpris du résultat, tendit le fruit à la créature. "HMmm...merci! Miam bouf cronch slurp..Haaa...Burp. Merci l'ami, j'ai bien cru que je l'aurais jamais cette banane! Qu'est ce qui t'a pris de l'enlever, comme ça?
-Beuuh...Fous moi la paix, tu vois pas que je souffre?
-Allez, tu vas pas m'dire que c'est la première fois qu'on te ...hum... fait un truc du genre? T'es de la Trifouille non? Tu sais d'où ça vient, le mot "Trifouille"?
-Non...et que ça y reste... Des bribes de cris hargneux lui parvenaient"[...]vilain[...]punition[...]tu vas voir[...]à coups de martinet[...]!"; Ségolange avait du terminer de pousser la chansonnette et se remettait en chasse. Jamou devait quitter les lieux, et sans tarder!
-"Dis moi sale bête...Maintenant que t'es là, tu voudrais pas m'aider? Je connais pas la suite de la procédure...Comment ça marche?
-Rien de plus simple! Le plus dur est derrière toi! Tu me dis où tu veux aller, pour commencer.
-Le quartier général de la Trifouille...et en quatrième vitesse si possible.." A peine avait il fini sa phrase que le ver se mit à bondir en effectuant des cercles dans l'air. La lumière se fit plus intense, puis un trou "aussi noir que le trou du cul d'un taureau par une nuit sans lune" (comme n'aurait pas manqué de préciser Paupaul, s'il avait été là) se matérialisa dans un "Floup" ridicule. L'orifice était entouré d'un halo bleuté crépitant d'éclairs.
-Oh, un trou de ver. Ok, j'ai pigé l'astuce." Appréciant moyennement l'humour de ses collègues, Jamou remonta son pantalon. Qui retomba aussitôt. "La ficelle...bon tant pis."
" Et maintenant, l'ami? On fait quoi?" Ses poursuivants étaient tout près, désormais. Il pouvait entendre distinctement leurs cris de victoire "Yeeeahh! Grooovy! Manolo est là bas! On le tient! On va lui faire la peau!!!! Yeehaaaa!" Le ver reprit une forme de trottinette, puis lança à un lapin de garenne de plus en plus inquiet (notamment au sujet de la nature du trou):
-Grimpe sur mon dos! On y va! Yeeeehaaa!"
Le futal sur les chevilles, Jamou chevaucha l'étrange créature du mieux qu'il pût. "Me manquerait plus qu'un attaché case..."songea t il. Mais il n'eut pas le temps d'aller plus loin dans les sarcasmes. Le ver avait déjà sauté dans le trou, et l'univers s'effilochait dans un grand bruit de tonnerre.
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Morphal IV
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Mer 6 Juin - 16:36

Alors qu'il s'essuyait consciencieusement les grolles sur le paillasson de l'entrée de la cité U. , suivant son désormais immuable rituel de fin de journée, il entendit une voix aigre et sèche comme une baguette LIDL vieille de 2 semaines lui cracher à quelques centimètres de l'oreille gauche :
"Z'avez un colis".
Réprimant de justesse un frisson de surprise (son état de fatigue ne lui permettait plus, de toute manière, ce genre de fantaisie épidermique)
Sa Ventripotence Morphal IV, Roi de Gloutonnia et Dirigeant du Saint Empire Boulimik, Monarcoprésident de la Fédération Alimentaire Intergalactique de sa Majesté, fils de Morphal III, petit fils de Goinfrh V, descendant lui-même en ligne directe de Saint Bâfrh 1er, Détenteur du Moule à Flan aux pépites de chocolat Sacré des Bâfrolingiens, Président de la Commission des Jeux Gastronomiques Divers de Viennetta, Juge Suprême du Tournoi de Flagorneries de Juanita Banana et Membre honoraire de l'amicale des culturistes amateurs light-fremen de Moussaka la Grande (à seule fin, bien entendu, d'apaiser les tensions avec les hérétiques du Messianisme Space « Yi’Al-KA ») bredouilla quelque chose du genre :
"Ah, Euh... Bonsoir Madame Valpoun. Merci... je vais le chercher dans mon casier... Hem. Bonne soirée."
"Mais comment faisait cette vieille peau pour apparaitre systématiquement dans le dos des gens sans prévenir?" Se demandait il en grimpant les escaliers, un paquet d'aspect inoffensif (faisant quand même un peu "bloup, bloup" pour peu qu'on tende l'oreille) sous le bras.

Moins de deux heures après avoir englouti et digéré son nid de zoades mariné aux 18 épices rares (livré en catimini par les Cuisines Royales), notre flegmatique tête couronnée, de moins en moins confortablement installée derrière sa console de surveillance ultra performante, n'en finissait pas de s'interroger, perdu dans un abime de perplexité et de dépit blasé à l'égard de ses collaborateurs...
"Mais où donc tous ces pignoufs ont ils péché l'idée tordue que je leur aurait fait envoyer une quelconque mission?
Doll, passe encore, mais Mimu? Il me paraissait pourtant passablement sensé ce garçon... "
Ils devraient pourtant savoir, depuis le temps, que ce n'est pas, mais alors pas du tout sa manière d'aborder les problèmes. Comme ça, frontalement, avec une lettre envoyée par la poste...
Qui donc se cache derrière tout ça? Starfok? La Trifouille? (pas ce pauvre Jamou en tout cas). Et surtout... dans quel but? S'emparer de la Terre? Pour en faire quoi? Il n'y a strictement rien là-bas, peau de balle, zéro, nada.
A moins que...
Et l'autre idiot, là, avait il seulement reçu son chèque?

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MessageSujet: Re: Trifouille International   Ven 15 Juin - 19:20

C’est une Doll toute penaude que nous retrouvons à San Francisco…seule, sans ses amies pour la soutenir, et sans un penny pour survivre, elle hère sans but en direction du Golden Gate.
Les larmes aux yeux, elle se rapproche du pont si célèbre de la baie de San Fransisco. Mais que va-t-elle faire ? Oh non, elle va sauter du pont !!!


2 jours auparavant


Doll et Jessica ont assisté, impuissantes, au massacre de la chanson mythique de Parylin Panson, (tout le monde sait que Ségolange est une calamitée au chant).
Une fois la chanson entamée, ce fourbe de Manolo n’a pas tardé à reconnaître sa redoutable rivale, et il détala tel un lapin de garenne venu de l’espace !!!
« Tiens ça me rappelle cette histoire de lapin que m’a raconté Barney un jour » se dit Doll alors qu’elle continuait d’avancer vers le pont.
« Il avait entendu parler d’une histoire par un inconnu qui avait passé la soirée à picoler à la Taverne.
Il y avait un soit disant lapin qui avait échoué sur la planète Terre, un lapin qui parlait avec des mousses !!! Il était grave allumé ce type !!! Il se prénommait Jamouarg ou Jameurk. Mais Dieu sait de quoi la Trifouille est capable maintenant !!! »
Oui, maintenant que Doll a voulu suivre Manolo dans ce trou béant, on sait quelles moyens la Trifouille est prête à utiliser pour répandre son message nauséabond !!!
Quelle étrange phénomène !!!
Un trou c’était matérialisé devant Manolo au moment ou les Shaggy’s Girls arrivaient pour l’attraper !!!
Et Jessica était tombée la tête la première dans une fosse à purin, Ségolange pouvait à peine marcher, mais Doll, toujours forte, toujours courageuse, un peu idiote aussi, avait sauté sans se poser de questions, dans ce trou fétide, à la suite de Manolo.
Elle s’était réveillée dans un bouge de la ville, avec des cafards comme compagnie…
Elle mit du temps avant de comprendre où elle se trouvait et sut que plus rien ne serait comme avant :
« Punaise, j’ai pas une thune, pas de bagnole, pas de maquillage et c’est la première fois que je suis à San Francisco !!! Bon au moins on est Californie, c’est toujours ça…
Mais est-ce que ça veut dire que Manolo est aussi dans cette ville ?
Et Jessica et Ségolange ? Où sont-elles ? »
C’est alors qu’elle se retrouva au point le plus haut du pont, et qu’elle s’apprêtait à sauter, des larmes coulaient sur son visage lorsque tout-à coup, une voiture klaksona :
« Doll ? »
« Mimu ? »
« Doll, mais qu’est-ce que tu fout là ??? »
« Mimu !!! Je suis tellement contente de te voir !!! »
C’est alors que Doll bondit dans la décapotable de Mimu et lui roula une énorme pelle comme au cinéma !!!!!!!!!
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Ven 15 Juin - 21:44

Le détour qu'il avait entreprit pour récupéré son compère de toujours, le Gilbert Montagnier des Carpates, le Roland Magdane Périgourdain, le célèbre Darth Zovirax, Zovi pour les intimes, avait permis à Mimu de revenir dans une ville où il n'avait pas mis les pieds depuis au moins 3 générations de ratons laveurs : Pallavas-les-Flots.

Pallavas. La ville mythique. La station balnéaire préférée des 80-103 ans, où tant de stars légendaires terriennes avaient foulé de leurs pieds sveltes et caleux le sable chaud et les galets, telles Anthony Dupray ou Marie-Ange Nardi. Mimu avait un peu galéré pour mettre la main sur son fidèle compagnon, car le Zovi est une espèce noctambule, et il lui a fallu écumer toutes les maisons de retraites, de nuit, pour pouvoir le retrouver.
Et c'est dans la plus minable et la moins chaleureuse de toutes qu'il tomba enfin sur lui. S'étant discrètement immiscé dans la batisse, par la fenêtre entrouverte d'une des chambres, la chance lui souriait enfin. Il tomba directement nez à nez avec le popotin d'un octogénaire unijambiste, aveugle et sourd, et il reconnu tout de suite la forme qui se dandinait d'avant en arrière au niveau des tétons du pauvre homme, en poussant de petits gémissements guturaux de plaisir.

- "Bon, quand t'auras fini, tu me rejoindras sur le parking. J'ai un truc à te montrer. Et ne fais pas ça dans ce sens, je crois que ça lui fait mal... enfin on dirait... à voir sa tête...
- C'est pas sa tête ce que tu regardes là.
- Ah. J'me disais aussi.
- Bon, Mimu, ok, maintenant est-ce que je peux terminer tranquillement? parceque là tu me le pertubes, il est tout énervé, j'arrive à rien.
- ouais bah fais vite, oublie pas comment ça s'est fini avec Jeanne Calmant la dernière fois.
- Ouais ouais, ça va, c'était pas de ma faute, son coeur était plus fragile que la moyenne. Comment je pouvais le savoir?
- Bon, je te laisse, tu sais que ça me retourne le bide à chaque fois que je te vois faire ça, alors si tu veux pas que je dégobille sur tes Converses, magnes-toi et rejoins-moi vite. allez hop hop hop!"


Il ressorti par où il était entré et se grilla une bonne douzaine de clopes sur le parking avant de voir l'ami préféré des petits vieux rappliquer au pas de course tout en reboutonnant son pantalon.

- "Bon, What's up Mimu? c'est quoi le deal?"

Le prince des pauvres tendit la lettre royale au Grand Chancrelier.

- "C'est quoi ce bordel?
- Bah tu vois bien non? Je suis envoyé en mission pour enquêter sur les agissement de la Trifouille.
- Non mais t'es con ou quoi?
- Quoi?
- Attends, t'as pas remarqué?
- Remarqué quoi?
- Oh mon dieu, ça va être long... Regarde, là.
Zovirax tendit le parchemin bien au-dessus de sa tête et le plaça de façon à ce que ce dernier laisse apparaitre la lumière par transaprence. Et là, la vérité se fit limpide comme un étron gargantuesque.
- Mon Dieu!
- Bah ouais. T'es vraiment un tocard de pas avoir remarqué avant, bananne!
- Mais qui a bien pu faire ça? qui a pu immiter à la perfection la signature de notre Roy? et qui voudrait nous envoyer faire cette démarche diplomatique dont tout le monde se fout?
- Moi j'en sais rien, mais une chose est sûr : ça me fait bien marrer! t'es vraiment qu'un gros naze!
- Bon, j'appelle Morphal.
- Il serait temps...
- Oh ça va hein..."


Quand la trentième tentative pour rentrer en contact avec son souverain fut aussi couronnée de succès que le parcours des Bleus durant la Coupe du Monde de 2002, ils comprirent tous deux qu'il y avait un réel problème au sein de l'Empire Boulimik. Sur ces entrefaits, une seule personne pouvait désormais les aider à rassembler les pièces du puzzle : Le Poulpe.
La transmission était très mauvaise, certainement dû à l'alignement des planètes de Stouff avec celles de Ange, ce qui perturbait grandement les ondes électro-placentiques qu'utilisaient les boulimiens pour communiquer.
La seule chose audible et compréhensible fut un lieu : San Francisco.

- "Tu sais où c'est toi?
- Ouais, je crois savoir, c'est en Camargue il me semble. Monte, je vais nous y conduire.
- Ahah. très drôle. Tu toucheras pas à ma voiture. JE conduis et toi TU indiques le chemin.
- Au moins j'aurai essayé.
- En route coquin, en Camargue y a des chevaux. C'est pas des vieux, mais c'est tout comme, tu y trouveras ton bonheur, crois moi.





- Au fait, tu sais ce qu'on doit chercher une fois là-bas?
- ..."
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Lun 18 Juin - 14:40

Pendant ce temps là à Vera-cruz…

En dépit du soleil magnifique, faisant briller de mille feux les touches chromées de sa machine à écrire, et des vertus psycho-stimulantes universellement reconnues des miettes de Pain d’Epices dont il avait généreusement assaisonné son pina-colada, Bruno-Patrice Clou-de-Girofle (BPCG pour les intimes) se sentait autant en veine d’inspiration qu’un critique littéraire devant une autobiographie de Steevy.
Depuis 4 mois le célèbre journaliste broyait du noir, et noyait sa crise littéraire dans des orgies alcoolo-hallucinogènes que sa conscience réprouvait (de plus en plus faiblement, remarquait il avec un brin d'anxiété).

Tous les éléments paraissaient savamment réunis pour le mettre en échec.

Du coté de ses activités de chroniqueur engagé, la politique extérieure ne s’était jamais portée aussi mollement et aucun scandale ne semblait vouloir ranimer l’intérêt agonisant des citoyens de l’Empire pour les affaires de leur gouvernement (dont la routine bien huilée aurait, il est vrai, découragé un sénateur endurci…).
Le Régent n’avait pas ourdi l’ombre d’un complot depuis des mois, ces enragés de la Trifouille ne donnaient plus signe de vie, et les pairs de l’Empire semblaient s’être donné le mot pour partir tous en vacances en même temps.
Question scoop pour Ici-Gloutonnia (dont il assumait corageusement la rédaction en chef), personne n’en avait plus rien à fiche des « photos-volées-exclusives » de Ségolange nue au bord de sa piscine, surtout après la 8ème fournée, on était toujours sans nouvelles du Lord Jarretière-Gourmande, parti bénévolement rejoindre la résistance anti-Lions aux confins de l’univers, et les cuites de Barney, et autres tripotages de tétons d’Arnulf, commençaient à sentir le réchauffé…

Pour couronner le tout, il séchait complètement sur la 6ème tentative de rédaction de son ambitieuse saga sur la Famille Royale. Le Roy lui-même ayant complètement disparu de la scène publique sans donner d’adresse, il n’y avait même pas espoir d’organiser la moindre petite interview.
Riche idée aussi que d’être venu s’enterrer dans ce trou paumé de la planète diplomatique, sur les conseils avisés de sa maîtresse de secrétaire, pour, selon ses propres termes, « se replonger à tête reposée dans le travail ».

Découragé, le journaliste but lentement une nouvelle gorgée pour tenter de ralentir le noir cortège de soucis qu’il sentait monter en lui dés qu’il faisait le point sur sa triste situation.

C’est à ce moment, particulièrement mal choisi, que sa machine à écrire se décida à lui adresser la parole, de sa voix croassante de crustacé aigri et, autant l’avouer d’emblée, un tantinet vicelard :

-Je commence à m’emmerder sec, mec. Il n’y aurait pas une petite pincée d’Epices pour moi ? Je m’ankylose là, à rien faire depuis deux heures…

Sous le regard désabusé et déjà un peu ivre du reporter la créature reprit sa forme initiale, Avec force craquements et pépiements râleurs. Les petites pattes carapaconnées sortirent du châssis, les mandibules s’écartèrent au dessus du clavier pour laisser place à l’ouverture buccale et les yeux pédonculés le fixèrent avec irritation.

Bruno-patrice était l’un des derniers hommes de lettres de l’Empire à se servir encore d’une machine-symbiote (et il n’était plus franchement certain, à ce moment précis, de la pertinence de son choix).
Il y avait eu, la décennie passée, un véritable engouement pour l’industrie de ces étonnants artefacts bio-mécaniques, imbriquant un individu d’une des nombreuses espèces extraterrestres télépathes non-humanoïdes de la faune Império-coloniale à la structure d’une machine à écrire intuitive dernier modèle. On pensait avoir enfin résolu l’angoisse de la page blanche et des blocages d’origine mémorielle, en s’appuyant sur la mémoire stupéfiante inhérente à la plupart de ces bestiaux et leurs capacités de titillement de l’esprit humain.
Mais les mannes du succès eurent tôt fait de se tarir pour les fabricants de ces prototypes, devant l’irascibilité coutumière de l’immense majorité des modèles et de leur fâcheuse propension à la manipulation et au vice.
Le modèle Poulpp-Dominator devint d’ailleurs un véritable cas d’école pour les juristes zoo-économiques de la galaxie, quand la quasi intégralité des prototypes de cette série réussirent à faire de leur propriétaire un esclave lubrique entièrement soumis à leur volonté.
Leur tentative de prise de pouvoir sur Saucissonutella, où elles inondèrent le réseau intranet de vidéos cochonnes, visant à détourner l’attention des administrateurs pendant qu’elles saboteraient, à l’insu de tous, la sécurité des programmes de vote informatisé, avait bien failli réussir. Depuis lors, les rares modèles encore en activité de machines-symbiotes n’ont plus de prise USB.

Avec un soupir las, BPCG émietta une pincée d’Epices au dessus de l’orifice avide qui servait de bouche à son acariâtre compagnon. Celui-ci émit immédiatement des petits grognements satisfaits, gloussements grinçants qui devinrent rapidement si bruyants et inconvenants que le journaliste ne put s’empêcher de jeter des regards en biais autour de lui dans la crainte que Paolo, le serveur et patron de la modeste gargote, n’apparaisse inopinément pour lui servir son 7ème cocktail de la journée. Il ne souhaitait pas avoir d’ennuis avec le M.I.B.
Malgré tout, la présence de sa Crab-Nova lui apportait un peu de réconfort dans la solitude de son exil.
Il eut été présomptueux de sa part d’affirmer qu’il l’avait apprivoisé, la machine-symbiote restant l’un des êtres les plus têtus et dépravés avec lequel il eut jamais à collaborer, mais ils avaient en quelque sorte fini par s’accommoder l’un de l’autre, comme un vieux couple un peu hargneux, mais complice face à l’adversité représentée par le reste du monde.
Quand la Crab-Nova en eut terminé avec sa dose de psychotropes, elle se détendit visiblement et l’œil exercé de BPCG sut déceler un rien d’affabilité dans sa façon d’incliner les pédoncules.

-Bon, où en étions nous ?
-A l’explication des origines du tragique massacre de la Saint Antipasti, qui vit la fin de 212 545 céréhaliens et d’un trimardeur alcooloboulmik qui cuvait sur place par erreur. On allait attaquer le chapitre des relations tendues entre Goinfrh V et le Duc de Bordeaux-Chesnel, leader de la ligue vianddiste, avant d’enchaîner sur un dramatique compte-rendu de l’assassinat de Goinfrh V à l’initiative de ce salopard de Duc…
-Mouais… Je suis pas trop inspiré là.
-On le serait à moins. On se reprend un coup ? Hééé… !!

La Crab-Nova eut à peine le temps d’émettre un juron étouffé quand le journaliste la força à reprendre, dans la seconde, une apparence plus conventionnelle en lui tordant le pédoncule droit (que Bâfrh bénisse l’inventeur du système de sûreté d’urgence). Paolo s’approchait en traînant les savates et il était déjà tout près.

-Une lettre pour vous Monsieur.

Paolo s’exprimait avec un léger accent franco-suisse, personne ne savait pourquoi.
BPCG s’empara sans hâte de l’enveloppe. Sans doute sa secrétaire qui lui faisait suivre ses relevés bancaires.
Quand il eut parcouru la rapide missive et re-compté le nombre particulièrement remarquable de zéros en bas du chèque qui l’accompagnait, il eut toutes les peines du monde à se retenir d’embrasser le serveur. Les yeux de Bruno-Patrice brillaient d’excitation quand il lui tendit le pourboire le plus faramineux jamais offert de mémoire de taulier mexicain.
Pendant que Paolo s’en retournait ébahi avec de quoi refaire une aile à sa cantina, BPCG s’empressa de rassembler ses affaires et tenta de faire rentrer la Crab-Nova rétive dans son étui.

-Mais, bordel… Aïe ! Explique moi au moins!?! Morphal IV a décidé d’abdiquer en ta faveur ou quoi ?!?!
-Mieux. Il m’envoie en mission. Avec un crédit illimité, ou presque. Je dois faire l’interview d’un des chefs de la Trifouille et faire deux trois recherches sur place pour sa Majesté.
-Ouais, ben je vois pas en quoi ça me concerne… lâche ma pince! Je t’ai déjà dit que moi le terrain c’était pas mon truc. Tu me laisses… gnnniiikrr ... dans la chambre avec le reste de Pain d’Epices et on tapera ensemble le compte-rendu quand tu reviendras, non mais merde…
Hey ! Qu’est ce que tu fous ?! Tu comptes aller où comme ça?

-Chercher de la mayonnaise…
-Ok, ok… Il en faut pas beaucoup pour te mettre en boule, toi. Ouvre le donc ton putain d’étui…
Le journaliste réprima un sourire.
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Lun 18 Juin - 17:44

les planetes seraient bientot parfaitement alignés autour de gloutonnia, l'invocation du flan allait marcher..
Ressusciter une tribu indigene d'une planète, la déporter ailleurs, leur soutirer des informations sur le rite exact, trouver cette fichue plante a griffe quelque part dans une jungle tropicale,
revenir la découper en lanière et se tresser un petit bracelet était désormais une des nombreuses activités ludique du régent..
pendant que la trifouille faisait son bout de chemin, tranquillou.(avec deux trois faux ordres de missions envoyés a la Mruap histoire de se marrer)
Bien que pris en grippe par ceux ci, etant donné le symbole qu'il représentait, il ne manquait tout de même pas d'une certaine.. sympathie pour eux.
Un peu comme une fascination pour l'enfant turbulent qu'on croyait un peu attardé mais qui semble depuis peu rattraper l'evolution a pas de geant (un peu amoindri on dirait le geant..)

Certes la fin de son règne, était inéluctable, comme toute suprematie.
Il fallait trouver un ptit truc pour mettre un petit peu de piment en attendant cette fin qu'il espérait, disons interessante.
La recherche genetique l'avait amené a creer deux trois erreurs amusante(dont une avait integre l'alliance... mais secret ^_^)
La recherche technologique, apres la sensation quasi orgasmique de pouvoir appuyer sur le bouton "ON" du graviton, l'avait finalement lasse..
une petite invention de temps en temps (généralement dans les jeux ludiques de persuasion récréative.hinhinhin)
La recherche historique avait deja servi: la création du Rhoom n'était pas son fait, il avait juste retrouvé une ancestrale recette et trouve un emploi un peu plus judicieux.
désormais, il fallait un peu d'imagination.
des qu'il s'agissait de faire un acte gratuit de destruction ou de coup de réglette sur la pulpe du doigt, aucun souci, il pouvait etre créatif.
Mais la, il s'agissait de préparer son final.
Comment faire ?

une petite idée germa dans son esprit un peu trop tordu par les années de pouvoir. oui. Ca pouvait être sympa! il fallait aller creuser cette idée au calme
il se dirigea vers le garage de son vaisseau personnel. rackhom le suivait toujours dans l'ombre, la lumière lui faisait tellement mal aux yeux depuis que le régent lui avait placé les minis bombes dans le crane...
Chose amusante, il ne sut jamais quelle visage il avait, sa vie l'ayant menée a vivre dans les ombres et le dénument l'avait éloigné longtemps de tout miroir..
Et depuis cette opération d'asservissement total, il portait masque, prothèses et lunette en permanence
-Rackhom, prépare ma navette, je dois aller me retirer quelques temps des affaires politiques, ne préviens personne, on verra comment ca va se passer sans roi, ni régent.
faite croire a ma mort avec un de mes clone-victimes... merci
-mais heu, maitre quand reviendrez vous ? et nous n'avons plus de clone!!
-je reviendrais quand ca m'amusera ! et pour le clone, tiens prends cette clé!
-mais seigneur, ce sont les cles de votre laboratoire personnel ?!!
-ce que tu peux être ennuyant! va donc voir pour une fois je te laisse l'initiative! bye bye!

[HRP, vous ne me verrez pas pendant plus d'un mois,je pars avec ma douce en Irlande le 21, et la je suis pas sur de pouvoir accéder a internet la bas! donc mode mv et rp mystérieux ^^]


Dernière édition par le Mar 19 Juin - 12:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Mar 19 Juin - 12:20

La nuit était tombée sur San Fransisco depuis quelques heures,et la vie nocturne battait son plein. Une brume s'était levée sur le fleuve et masquait les célèbres ponts suspendus, qui apparemment n'avaient été bati que pour orner les cartes postales. C'était du moins l'idée de Jamou. Dans un craquement sourd,semblable à la foudre lorsqu'elle vous tombe sur le caillou, le trou de ver s'était matérialisé dans les faubourgs de Frisco. Jamou, toujours accroché au ver-trottinette, tomba en gueulant comme un putois. "AAh mais bordel, qu'est ce qui t'a pris de nous faire apparaître à trois mètres du sol!! T'es complètement cintré!!!!
-Hum, le système n'est pas fiable à 100%...on aurait pu se matérialiser dans le sol, ou dans un mur, estime toi heureux!
-Ouais, sonnez trompettes et tout le tralala, je viens de me viander de 3m de haut et c'est la fête! Hourra!
Le trifouillard continua dans ce registre pendant plusieurs minutes. Le ver-trottinette ne lui prêtait pas attention. Il avait regagné sa forme de base, celle d'un ver solitaire équipé de petites pattes arrière. De maigres bras lui avaient poussé également. Il toussota pour attirer l'attention de Jamou, puis parla de sa voix aigrelette:
"Sire Jamou, j'ai quelques affaires à régler. Je dois aller voir les collègues, c'est à deux pas d'ici.
-QUoi! Quels collègues! Qu'est ce que c'est que cette histoire?? On est pas au QG, là?
-Hum, non. En fait...On est à San Fransisco.
-Hein? Où ça?
-Ben tu sais, San Fransisco, Californie. Aux Etats-Unis. Sur Terre.
-Attends attends, on est encore sur Terre??Ohlala...misère de misère, je t'avais demandé de quitter la planète! Tu sais qui j'ai aux trousses??
-Ecoute, Jamou, t'es sympa mais si je te dis que je dois aller voir les collègues, c'est pour une bonne raison. On est en panne.
-Quoi!!!!
-Ben oui, quelque chose a merdé. On avait pile ce qu'il fallait en énergie pour rejoindre le QG, mais pour une raison quelconque le voyage a été raccourci. On est à San Fransisco.
-Oui merci, ça je le savais. Bon...passe moi les détails techniques, je m'en balance comme de ma première chaude-pisse.
-Ok, sage décision. Les collègues sont quelque part dans les environs, c'est le point positif. Sur une colline. Allons y."
Jamou et le ver se mirent en route. Ils étaient en pleine campagne, mais ne tardèrent pas à trouver une petite route goudronnée. Ils marchèrent-ou se dandinèrent, pour certains-pendant une bonne heure, ne croisant personne. Alors que Jamou commençait à en avoir sérieusement marre de marcher à l'aveuglette, le ver s'exclama:
"Ah! Ca y est! Tu vois la colline, par là bas?
-Ouais. Y a une maison bleue dessus. C'est là?
-Ouais! C'est la maison bleue! La lumière est allumée, c'est bon signe!" La colline était parsemée de buissons bas, quelques rares arbres ornaient le sommet. Un petit sentier de terre sinuait jusqu'en haut. Des chouettes hululaient joyeusement, quelque part. Ils arrivèrent devant la porte. Jamou, curieux, remarqua que la maison ne reposait pas franchement sur le sol. Elle était...posée sur un flanc de la colline. Non, à mieux y regarder, elle était carrément accrochée à la colline! Bien que peu au fait des règles de construction, quelque chose au fond de Jamou lui disait que l'architecte qui avait pondu ce truc devait concevoir ses plans au fond d'une bouteille. " Un peu bancale, la bicoque pensa t il. Si les habitants sont autant de traviole que leur baraque, ça promet..." Le ver ouvrit tant bien que mal la porte, qui racla sur le sol avant de se bloquer et s'engouffra dans la maison. Jamou, décontenancé, lui emboita le pas. "Hey, le ver! Tu frappes pas avant d'entrer??
-Non non, pas la peine, les gens d'ici ont perdu la clé etc etc... C'est un vrai moulin. C'est à se demander comment ils font pour pas se faire cambrioler une fois par semaine!"
L'étrange couple se retrouva dans un vestibule, bien éclairé. Des manteaux-crasseux pour la plupart- jonchaient le sol. Quelques paires de chaussures, trouées, traînaient ça et là. Un poster d'un chanteur quelconque, tenant un joint dans la main, pendouillait mollement au milieu de la pièce. Ils longèrent un couloir, puis aboutirent dans un salon bas de plafond, aux murs de travers. Jamou fut obligé de se baisser pour entrer dans la pièce. Une dizaine de personnes, affalées sur une multitude de coussins, se parlaient doucement en fumant ce qui semblait être de l'herbe. L'atmosphère était quasiment irrespirable.
"-Heeeey! Salut mes frères! Ca roule? lança le ver.
-Oh oh, dites moi que je rêve, ce serait pas Slim Slagadam que je vois! Assieds toi, mec, prends tes aises.
-Merci Slagadim, c'est pas de refus. Ca fait une heure qu'on se carapate...J'ai l'habitude d'être porté..." A ces mots, Jamou se renfrogna un peu. Il repensait à tout ce temps pendant lequel il ignorait la présence de son ver, "Slim Slagadam", et se maudissait de ne pas l'avoir expulsé plus tôt. A quand remontait l'inoculation? Et à quelle occasion?? Il savait que Manolo et Paupaul ne se lavaient généralement pas les mains avant de faire la cuisine, mais quand même...
"-D'ailleurs, qu'est tu fous à l'extérieur, Slim?? Tu devrais pas être bien au chaud, à l'heure qu'il est??
-M'est avis que si j'essayais de réintégrer ma place, Sire Jamou ne se monterait pas tout à fait coopératif.
-Oh oh! Yess AIe! Sire Jamou en personne! C'est un honneur, tiens tires la dessus et tes soucis s'envoleront!
-Pour l'heure, c'est plutôt moi qui aimerais m'envoler. "Slim", on a pas le temps de tailler une bavette. Tu règles ton affaire et on se casse!
-Oh, tout doux, sire Jamou. Il se pourrait que ça prenne du temps. Tu vois tous ces gens, assis là?
-...Hmmpf, oui, je les vois. Et?
-Et bien...Ce sont des voyageurs, comme toi et moi. Les testeurs de la Trifouille.
-Quoi! Tous ceux qui ont disparu..sont là?
-Exactement. Disparus, pas pour tout le monde. Nous, les vers, percevions leur présence. Mais de là à tout vous balancer, pour que cette planque nous passe sous le nez..." Il s'interrompit, changeant de couleur à la vue du regard menaçant qu'arborait Jamou. Il se racla la gorge, puis reprit: "Apparemment, San Fransisco est un noeud spatio-temporel foireux. Dès que quelquechose capote, bing, on se retrouve ici. Ceux là sont arrivés dans le coin il y a pas mal de temps...
-Ouais, ça fait trois ans exactement, enfin pour les plus anciens d'entre nous. On a déboulés dans le coin sans crier gare, sans personne à contacter. On a eu de la chance de tomber sur cette baraque, ouverte toute l'année!
-OUi, reprit un autre, enfin tu parles d'une "chance"...on a quand même du se taper ce chanteur à la con, comment c'était déjà son nom?
-Maximilien Noisetier?
-Naaan, c'était Le Forestier. Maxime Le Forestier. Ouais, il nous lâchait pas cui là... San Fransisco par ci, San Fransisco par là...
-On a fini par lui dire d'aller voir en Birmanie si les gens avaient des fleurs dans les cheveux, et ça a marché. Quel con cui là! Haha!!
-Enfin, c'était rien à côte de Bernard Lavilliers. Un coriace ce gus là. Impossible de le faire bouger, d'ailleurs avec ses boucles d'oreille il nous aurait fallu un tractopelle.
-Heureusement, il avait le cul qui le démangeait...Il est parti soutenir une révolte indienne en Colombie Britannique...bref.." Pendant quelques instants, ils se turent, et se regardèrent mutuellement. Puis le plus vieux d'entre eux reprit la parole:
"Bon, on discute, on discute, mais on t'a pas demandé ce que tu voulais, Slim. Alors?
-ALors,les gars, je comptais sur vous pour me refiler un tuyau. On veut rejoindre le QG, comme qui dirait, ça urge. Après tout ce temps passé, vous avez bien une idée sur la façon de procéder, non?
-...
-Oh, super, marmonna Jamou. Cette bande de mous du bulbe ne s'est jamais préoccupée du retour, je parie...
-Allez, les mecs, reprit Slim Slagadam. Vous avez bien du réflechir à tout ça! VOus avez pas une idée?
-...
-Euh...Et si on chantait?

"C'est une maison bleuuuuuue,
accroocchéée à la collliiine
on y vient à pied, on ne frappe pas,
sinon la maison, et ben elle s'écrouleraiiiiit..."


Le chant s'éleva dans l'air nocturne, montant vers les cieux étoilés. La mélodie était belle, presque envoûtante, à peine troublée par les chapelets d'injures proférés par Jamou. La musique respirait la joie de vivre, et de ci de là des chouettes se joignirent au choeur en dodelinant de la tête.
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Jeu 21 Juin - 12:41

Cela faisait maintenant trois jours que Jamou vivait parmi la communauté de la maison bleue. Il rongeait son frein. Slim lui avait appris que ces êtres étaient la symbiose parfaite entre les humains et les vers voyageurs. Pour une raison inconnue, probablement liée au cafouillage spatio-temporel qui les avait fait échouer à San Francisco, les deux espèces s'étaient mélangées irrémédiablement. Les vers et les humains partageaient le corps à temps égal, ce qui au début avait suscité quelque révolte de la part des testeurs. Puis les vers trouvèrent la parade. Lorsqu'ils contrôlaient le corps, ils se défonçaient à la marijuana et autres narcotiques, et quand les humains prenaient la relève, ils ne trouvaient plus qu'un erstaz d'enveloppe charnelle tout juste bon à rester au fond du canapé et à murmurer "Yes Aye...yes mon frère...". Une issue que Jamou repoussait de tout son être. Jamais il ne voudrait partager sa chair et son esprit avec une créature entérocole capable de se transformer en trottinette. Slim lui apprit également que les vers, lors d'un trip sous acide, avaient décidé de se nommer les "Barbaraguld", en hommage à une publicité qui avait alimenté leurs délires.Les Barbaraguld, l'évolution ultime de l'humanité selon eux. Selon Jamou, il s'agissait plutôt d'une voie de garage. Leur consommation excessive de drogues provoquerait en effet l'extinction prématurée de cette nouvelle espèce si "prometteuse". Question de mois, vu l'état de loque auquel ils étaient rendus.
Tous ses espoirs reposaient sur des symbiotes toxicomanes...Il passait son temps devant la télévision, invention récente des humains sur cette planète. Une boîte diffusant des images incohérentes 24h/24, dont l'unique but semblait être de vendre aux "téléspectateurs" plus d'objets qu'ils ne pourraient jamais en stocker dans leur vie. "Encore un coup du régent, je parie...c'est bien son genre d'humour!"Slim profitait de la moindre lueur d'intelligence des barbaraguld pour leur soutirer des bribes d'informations qui leur permettraient de regagner le QG. Il venait de temps à autre informer Jamou de l'avancée de ses recherches. Selon le ver, la partie n'était pas gagnée. D'après ce qu'il avait pu découvrir, il lui fallait recharger ses batteries. Le seul moyen, à sa connaissance, était de réintégrer les intestins de Jamou. Lequel se refusait à une quelconque intrusion, qu'il assimilait à un viol. La vision de ces choses l'avait irrévocablement dégoûté, et il prévoyait déjà d'interdire l'utilisation d'un tel système de secours dès son retour au QG...
Cependant, Slim Slagadam dépérissait à vue d'oeil. Les vers voyageurs n'étaient apparemment pas faits pour la vie au grand air. A ce train là, Jamou ne pourrait probablement plus jamais quitter la Terre!
Il n'avait plus qu'à espérer que Slim trouverait rapidement une solution ou que la Trifouille enverrait des secours, ce à quoi il croyait peu. Dépité, il se cala dans un fauteuil et ralluma la télévision. Il tomba sur ce qui semblait être un documentaire. Des types du "FBI", une sorte de police secrète terrienne à la sauce Starfok, qui avaient vu des extra-terrestres et qui pensaient que la Terre hébergaient plusieurs spécimens de visiteurs stellaires. "Héhé...Ils ne croient pas si bien dire...pensa Jamou. Comment s'appelent ils ces gus?? Fox Mulder, Dana Scully...tu parles d'un nom! Encore des baltringues..."
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Morphal IV
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Ven 22 Juin - 15:32

Morphal IV était seul. Seul face à son destin, confronté à l'immensité de l'univers en contrebas, la totalité de la création étalée sous ses yeux éblouis...
Vétu d'une simple tunique couvrant à peine ses royaux appas, il s'étendit pour profiter du spectacle, plus détendu qu'il n'aurait jamais imaginé l'être en pareilles circonstances, l'esprit battant la campagne en quête de réponses métaphysiques...
L'herbe était douce à ses flancs et un vent divin ébouriffait doucement ses cheveux, il crut même reconnaitre la silouhette de miriades d'anges sillonant les nuées mordorées du ciel.
C'est alors qu'IL apparut devant ses yeux stupéfaits, émergeant majestueusement des brumes de lumière à la manière d'un sfumatto. Le Maitre de toute chose, le Démiurge absolu.

Dieu.

D'un air grave, auguste et doux, IL tendit lentement son index vers le souverain, presque jusqu'à le toucher.
Etreint par une émotion indescribtible, poignante au delà des mots, Eugène-Epicure, simple citoyen de l'univers, humble poussière d'homme noyé dans l'infini du temps et de l'espace, osa avancer sa propre phalange à la rencontre de LA Réponse à toutes les interrogations que se posa jamais un esprit humain, encouragé par le sourire généreux du Père.
C'est dans ce moment d'extase absolu qu'IL prit la parole, d'une voix douce capable de pulvériser les galaxie :

"TIRE MON DOIGT."

A peine surpris par l'étrangeté de la Divine requête, Eugène-Epicure s'éxecuta.

Un bruit de tonnerre assourdissant noya alors la création, faisant s'écrouler les montagnes, sortir les fleuves de leurs lits, trembler les étoiles... Immédiatement suivi par l'éclat sublimement vulgaire du Rire Divin et une pestillentielle odeur d'oeuf pourri, à faner toutes les fleurs de tous les mondes connus...

HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA! HA!

Morphal IV s'éveilla en sursaut dans son lit exigu d'étudiant, avec un cri bref. Il s'en fallut de peu qu'il ne se mangea le coin de son étagère.

Il était en nage et tremblait de tous ses membres.
Il s'assit sur le bord du lit pour se calmer un peu et réfléchir, encore marqué par l'ignominie de ce qu'il venait de rêver...

Bordel! Mais qu'est ce qui lui prenait de rêver des choses pareilles?!?!
Le cassoulet aux douzes graisses d'hier soir, peut être? Ou son fils adoptif s'essayant encore à l'onirologie appliquée depuis son hibernation prolongée?
Et puis, en bon athée, il n'était pas mystique pour deux sous. Pourquoi une telle parabole?
Maintenant qu'il y pensait, c'était loin d'être anodin.
Il n'y avait qu'une planète dans tout l'univers, à sa connaissance tout du moins, à avoir jamais eu l'idée absurde de s'inventer un Dieu unique et omnipotent niant férocement le fondement de toutes les autres...

Mais, enfin, pourquoi diable se mettait il à rêver du Dieu terrien?

Subitement pris d'une impulsion, notre Roy se téléporta (en prenant le temps d'enfiler ses pantoufles) derrière l'écran du pc le plus rapide de la galaxie (ou peu s'en faut), et se mit à compulser les bases de données titanesques du Ministère du Patrimoine et des Légumes Frais, fruit du travail de la moitié de sa vie.
Il avait eu un genre de flash. Comme un souvenir depuis longtemps enfoui dans les brumes de son enfance.

La terre... L'expédition céréhalienne... Les premiers colons...
Ils avaient apporté quelque chose avec eux.
Quelque chose d'unique en son genre, dont personne ne se souvenait hormis la Royale famille, et, peut être, une poignée de dignitaires céréhaliens exilés après la chute de Sojaseun*.
Il voulait en avoir le coeur net.
Prenant son courage (et sa robe de chambre) à deux mains, il sortit dans la nuit à la recherche de la surveillante de la cité U.
Madame Valpoun n'était peut être qu'une vieille corse gardienne de camping sur terre, il n'en restait pas moins qu'elle était l'une des seules terriennes à avoir capté la grande arnaque et à avoir intégré l'Empire en toute connaissance de cause. Cette vieille peau en savait... beaucoup sur la véritable histoire de la Terre.

* Cf : l'histoire de Tofutopia (Ministère du Patrimoine, section "Planètes et colonies, capitales...", sujet "Gloutonnia et ses provinces (part fore)")

_________________
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Dernière édition par le Sam 23 Juin - 16:33, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Dim 24 Juin - 20:51

Singapour 02h30, heure locale...

C'est encore plus désabusé que d'habitude que notre journaliste se demandait ce qu'il faisait là... Dans cette chambre d'hôtel miteuse avec vue sur le néon du peep-show voisin, devant un reste froid et graisseux de poulet au saté, et sa machine à écrire qui se débattait depuis plus d'une heure dans son étui en proie à une crise de manque...

Bordel, il était millionnaire oui ou merde?
Bien malgré lui, la fatigue et le décalage horaire l'avaient instinctivement guidé sur les rails d'une routine trop bien éprouvée.
Il n'arrivait pas encore à se faire à l'idée de débarquer au Hilton local et de jeter ses clés de porsche au chasseur d'un geste désinvolte.
Et maintenant... Il était bien trop crevé et dégouté pour faire bouger les choses avant demain matin.

Le pire c'était de ne pas savoir si ce gros con de Manolo s'était délibérément foutu de sa gueule ou si les membres de la Trifouille étaient vraiment des branleurs incapables de se coordonner...
Toujours est il qu'il n'y a pas la moindre trace dans cette foutue ville d'un quelconque passage du trifouillard dont le Roy lui avait commandé une interview. Et il l'avait pourtant ratissée dans les grandes largeurs...

Ce qu'il avait encore plus de mal à saisir, en lisant et relisant le dossier de sa "cible", c'est comment un gus pareil pouvait avoir reçu la plus haute Distinction de l'Empire. L'anoblissement suprème. Faisant de lui l'équivalent ou presque du Régent sur le plan honorifique...
Ses états de service laissaient plutôt entendre que c'était le genre de type à dormir dans un camping car volé.

Bon sang, était il seulement au courant ?
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Captain Nekro
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Mar 26 Juin - 18:58

Le ciel s'embrasa tout doucement. La multitude de nuages se teinta de milliers de couleurs ravissantes alors que le soleil chûtait vers l'horizon, drapé dans sa splendeur blasée d'astre céleste. Nekro, installé dans une chaise longue, savourait lentement une excellente bière Belge, amenée à température idoine par des procédés surpassant toute technologie terrestre. Il lisait avec un plaisir bien visible l'un des merveilleux Pratchett.
Il avait retrouvé son ciel et ses soleils. L'un se couchait, inatteignable, tandis que l'autre rayonnait à ses côtés, lisant aussi et caressant l'un ou l'autre de leurs félins, machinalement, de temps à autre.
Pour l'oeil averti, il ne se serait agi là que d'un couple évoluant dans un bonheur quotidien d'une perfection rare, vivant avec simplicité dans le seul but de parfaire encore et encore un environnement déjà fabuleux.

Mais l'oeil averti ne voit pas tout.
Des traces d'une discretion vitale parsemaient ici et là la véritable histoire du couple. Leur petit nid douillet aurait fait pâlir le plus visionnaire des inventeurs, mais les objets n'étaient que "petits riens usuels". Des souvenirs, en somme. Seul le gazon était une nécessité, et avait réclamé un petit investissement. Un carambar dans le budget d'un milliardaire, certes, et ils étaient deux : leurs salaires écrasaient la plupart des grosses fortunes galactiques. Ainsi l'impéradictatrice Cleo avait-elle payé les recherches, de son salaire de diplomate retraitée. Nekro avait payé la réalisation, de ses revenus de fondateur retraité...
Mais les innombrables et gigantesques astronefs, appartenant à leurs amis en fonction qui leur rendaient régulièrement visite, ne laissaient pas une trace sur la pelouse verdoyante, que ni des tirs de plasma ni des missiles électromagnétiques n'auraient roussi.

Confortablement lovés dans leur cocon de quiétude (méritée), ils ne se souciaient plus que sporadiquement des nombreux troubles qui agitaient le septième univers connu.
Nekro en revanche, s'était décidé à écrire plus tout en s'investissant au sein du Saint Empire Boulimique. Il avait enfin transmis son adresse stellaire et ses holocoordonnées au centre de communication de la FAIM, et se réjouissait de ne pas être constamment spammé par les publicités outrageuses pour la banque du Régent. Tout allait donc pour le mieux...

Mais tout n'est jamais tranquille.

Un signal discret retentit, comme une sonnerie de téléphone. Cleo appuya sur un bouton à proximité et un empilement de minuscules nanites eut tôt fait de leur amener le globe de données écrites. La FAIM était avant tout un empire attaché à des valeurs de tradition, et la plupart des souverains écartaient par principe les procédés révolutionnaires d'holo- et de télétransmissions. Les derniers messages sensoriels à la mode dans toutes les raisonnables puissances technologiques avaient à peine été testés. Le plaisir des sens est sacré, et la lecture pendant le repas ou son évacuation est une activité saine, revêtant un côté presque religieux.

Aussi, Cleo jeta un coup d'oeil amusé à son bien-aimé et le laissa prendre le globe. Elle était de toute manière parfaitement à même de comprendre l'importance que pouvait revêtir une missive de cette sorte, et elle posa son livre et observa tendrement l'ancien diplomate lire son courier.

Lorsque celui-ci esquissa une moue de dégoût en lançant négligemment l'équivalent de quatre cent mille millions d'euros par-dessus son épaule, elle haussa un sourcil plein d'interrogations silencieuses.

"Un dingue nous charge d'observer les agissements de la Trifouille..." Répondit-il, sans même remettre en doute la possibilité que la question de sa bien-aimée ne soit pas celle qu'il croyait.

Cleo haussa l'autre sourcil. De fait, elle ne savait pas hausser les sourcils, aussi était-ce l'interprétation d'un mouvement musculaire imperceptible. Ou presque.

"Pas trop le choix," soupira Nekro. "Je vais toujours envoyer une série de nano-droïdes d'observation, si je vois que les choses tournent un peu à l'orage, il sera temps de me déplacer."

Le sourire de Cleo informa l'ancien Orc que sa réponse constituait une bonne nouvelle pour l'organisation de la soirée. Avait-il vu juste ? Un dîner aux chandelles et quelques surprises nocturnes, voilà bien de quoi il avait besoin en ce moment.

Réprimant un sourire, il claqua des doigts deux fois, rapidement, et attendit quelques secondes l'apparition de leur majordome. Ancien officier du premier corps armé de l'empire de Nekro, autrement dit commandant en chef de la section Destructeurs de la dixième plus grosse armada du Septième Univers Connu, Hran n'était pas un rigolo. Il aimait les bonnes blagues, mais elles avaient tendance à tourner autour de la destruction de planètes, d'armées, de peuples, et se noyait souvent dans des cuites meurtrières. Il avait suivi le dangereux couple dans leur retraire terrestre, abandonnant l'atmosphère des combats spatiaux et toute usine de production d'alcool Orc. Il était totalement sobre depuis plusieurs semaines, ce qui constituait un exploit en soi.

Aussi se montra-t-il réactif et alerte lorsqu'il reçut les ordres d'envoyer une escouade de nano-sondes au pôle de transfert galactique le plus proche. Los Angeles allait être fouillée de fond en comble à la recherche d'indices. Si cela ne donnait rien, il serait toujours temps d'aviser et de les envoyer plus loin... Il se tourna alors vers la jeune femme avec laquelle il avait décidé de faire sa vie, et se pencha vers elle afin de l'embrasser tandis que son empire militaire se remettait faiblement en mouvement. Dans son coeur, l'amour avait pris le pas sur la guerre.
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Wendy Glycémie
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Mar 26 Juin - 23:30

Québec, 9h30 Heure locale

Trempée comme une soupe, Wendy restait figée devant le panonceau, son petit nez rouge se reflétant dans la porte vitrée désespérément close de l’immeuble de son bureau.
En dépit de force grelotements et éternuements sonores, cela faisait bien 5 minutes qu’elle était plantée là avec un air pathétique, comme si elle attendait qu’une de ses collègues vienne lui mettre la main sur l’épaule, avec un sourire, pour lui dire que c’était une blague.
Bien sur, cela n’arriva pas. Et elle repris la direction de son minable meublé, en trainant ses pieds minuscules engoncés dans d’énormes moon-boots, épuisant rapidement la réserve pourtant conséquente de mouchoirs emportée à son départ…

Ce qu’elle détestait encore plus que le foutu climat canadien, c’était ce calendrier terrien de malheur. Il avait beau paraitre d’une simplicité enfantine en comparaison du calendrier Impérial , avec ses mois qui ne durent jamais le même nombre de jours et ses jours fériés de 76 heures, elle semblait neurologiquement incapable de retenir les dates de vacances locales et autres jours chômés les plus élémentaires. Ce qui lui aurait tout de même permis de savoir quand on peut rester dans son petit chez-soi, moche en l’occurrence, mais chauffé, sans crainte de griller sa couverture.

Wendy aurait pu passer pour jolie, ou tout au moins charmante, sans sa déplorable manie des rhinites chroniques et autres bronchites. Celle ci lui imposait en effet le port de 2 ou 3 anoraks en même temps et d’une quantité faramineuse d’écharpes en laine, le tout produisant un effet d’entassement tel qu’il la faisait passer de loin pour un yéti en miniature.

En même temps, on ne peut pas dire qu’elle ait vraiment eu le choix de son affectation.
Mais l’Ordre lui fournissait déjà un stage sur le terrain, elle n’allait pas pinailler. Cela dit, pourquoi dans le grand nord ? Elle aurait pu remplir le même job à Miami ! Ou au moins New York… C’est vrai, quoi, elle était née et avait presque toujours vécue sur Gloutonnia avant de déménager pour faire son séminaire. Et même là-bas, sur Gavotti Bigoudenna, il faisait rarement moins de 15 degrés…
Et puis, pour être inattaquable, on ne peut pas dire que sa couverture était particulièrement folichonne. Secrétaire dactylo à « Caribou Export », boite spécialisée dans l’exportation de caisses de sirop d’érables et autres pancakes, on a vu plus motivant comme façade pour une agente secrète.
Bon… elle n’était pas tout à fait une agente secrète, juste une sœur-aspirante qui faisait ses classes, mais elle rêvait quand même d’autre chose quand elle était rentrée dans l’Ordre prestigieux des Beignets-Gesserits. Et on peut dire que l’examen d’entrée est coton.

En fait elle passait surtout ses journées à décrypter les messages codés de ses supérieures, sous forme de recettes de gâteaux, biscuits, entremets, tartes, babas, soufflés, cakes, choux, viennoiseries, fondants, et que savait elle encore, et vérifier que l’endoctrinement se déroulait comme prévu sur T.E.R.
Elle devait pour cela s’assurer (par le biais d’une foule d’intermédiaires plus ennuyeux les uns que les autres) de la bonne implantation des comptoirs secrets de la BPG (Boulangerie-Pâtisserie Gesserit) au sein de l’industrie boulangère de la petite planète.
Pour Wendy, la prudence que mettaient les Sœurs à ne pas prendre le moindre risque de voir dévoiler leurs plans sur la Planète Diplomatique était tout simplement maniaque. L’opération était en cours depuis des dizaines d’années à sa connaissance, mais était sans doute planifiée depuis bien plus longtemps, et au train où allaient les choses Wendy serait probablement arrière grand-mère avant qu’elle ne commence à apporter un semblant de résultats…
Enfin, quoi, zut ! Il n’y avait pas plus d’une aspirante à la fois pour assurer la liaison sur une planète avec un tel potentiel d’intrigues ! Et on la cantonnait à une morne routine de permanence, de maintenance pour ainsi dire, sans aucune perspective d’initiative personnelle.

Ce qui explique aisément l’état de nerfs dans lequel elle fut plongée après ouverture de la petite enveloppe d’apparence banale qui se languissait au fond de sa boite aux lettres. Une innocente lettre de sa vieille grand-mère, qui lui envoyait une recette de marbré aux œufs.
La fin de la recette, surtout, avait de quoi la guérir définitivement de sa sinusite :
« …fouette ta crème avec énergie et incorpore le lait de poule à l’ensemble. Si tu suis mes conseils à la lettre, tes invités en redemanderont.
Bises, ta mamie qui t’aime ».
Ce qui signifiait ni plus ni moins : « Plan d’alerte code rouge, ordre de préparer l’arrivée sur place de la Révérende-Mère Poularde*. Opération de première catégorie impliquant la sureté galactique en préparation. »

Pour la deuxième fois de journée, Wendy se retrouvait à l’arrêt comme un épagneul. En plein milieu de l’escalier cette fois ci.
Quand l’un de ses voisins toussota pour la troisième fois, lui signifiant poliment par là qu’elle encombrait le passage, elle se remit en marche comme un somnambule vers son appartement.

Avant tout…se préparer un lait chaud.

*La Dirigeante Suprême de l’Ordre (Cf : L’Ordre des Beignets-Gesserits, Ministère du Culte, section "religions de l'Empire")
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Doll



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MessageSujet: Re: Trifouille International   Sam 7 Juil - 17:45

Doll se reveilla pour de bon cette fois !!!Elle avait rêvé !!! elle ne se trouvait pas à San Francisco, comme dans son rêve, n’avait jamais roulé de pelle à Mimu, et pire encore, elle se trouvait en France, dans une ville pluvieuse et humide : Nantes!!!
« Oh my God !!! Bordel de chiotte, mais qu’est-ce que je fous en France ??? »
La France, le royaume de la gastronomie pensa-t-elle, le pays du bon vin et de la bonne bouffe. Logique sommes toutes !!!
Un tram arriva, elle monta dedans par curiosité. Direction François Mitterand.
« Marrant cette manie des français de donner des noms débiles à leur arrêts de bus et de métro… »
Les gens dans le tram parlent fort et sentent mauvais. Certains font la gueule, d’autres dévisages effrontement tous les nouveaux arrivants.
Doll fit un tabac lorsqu’elle entra dans le tram. Du haut de ses 1,80m , sa longue crinière blonde et son costume en cuir blanc avec ses bottes à la Francis Lalanne blanches et son mini short à la Spamela Hamderson ,les regards des hommes se posèrent directement vers son popotin parfait et sa lourde poitrine sublime. Les femmes par contre la regardèrent d’un œil maussade plein de condescendence, que Doll ne supportait pas.
« Je leur casserais la gueule à toutes ses grosses pouffes pleines de cellulites…mochetés de terriennes obèses, poilues et moustachues !!! »
Mais Doll n’oubliais pas sa mission :retrouver Manolo !!!
« Oh top méga trop cool grave!!! Un centre commerrcial avec Ikéa en plus !!! Je vais pouvoir aller faire du shopping, c’est les soldes en plus !!! Oh un Promod pour moi toute seule !!! Oh un Etam Lingerie ça tombe bien j’ai besoin d’un porte jarretelle !!!
Aaaaaaaaahrgh !!!
Ikéaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!
Des assiettes et une brosse pour laver la vaisselle avec une ventouse au bout !!!!
Il me faut un range couvert aussi, aaaaaaah y en a un à 50 cents !!!!
Yeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeehaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!!! »

Message vocale du haut parleur du centre commercial :
Le supermarché E.Leclerc recherche un vendeur au rayon métal-lourd et Rock-fort de son espace culturel.Pour toutes candidatures merci de se présenter au standard.


« Ah c’est cool ça, je vais avoir besoin d’argent pour payer tout ce shopping.Aller je me présente !!!
Lalalalallalalallalalalalalaaaaaa, le standard, ok c’est là !!! »
Doll monte un étage et se retrouve face à une standardiste peu souriante et franchement pas gaie :
« Crapabelle, centre commercial, Atlantis bonjour »
« Bonjour, c’est rapport à l’annonce pour vendre des cd »
« Oui un instant, Mr Braquemard va vous recevoir, vous êtes ? »
« Doll De Dresden »
« Veuillez-patienter »
Doll patiente dans le hall de la standardiste, un ligne de chaises bleues indigo, une maquette du centre commercial, et un portrait de deux hommes, un père et son fils visiblement . Il y a marqué
« E.Leclerc et E.Leclerc »

« Mr Braquemard m’a reçu, il m’a dit queje ne correspondai pas aux critères pour le poste de l’espace culturel mais qu’il avait un autre poste à me proposer, au rayon vaisselle.
J’ai dis oui , et du coup je range des casseroles et des assiettes depuis une semaine . Je suis trop déprimée !!! J’aurai dûe insister un peu plus pour leposte de Rock-fort et de Métal-Lourd merde, quelle cruche et en plus je n’ai même pas le temps pour chercher Manolo. Et je n’ai aucune nouvelle de Jessica et Ségolange !!!»
« Ahum, excusez-moi mademoiselle ,savez-vous où je pourrais trouver des flûtes à Champagne ? »
« Dans ton cul » pensa Doll avant de se relever et de poser les yeux sur l’homme qui lui avait posé la question à deux balles, vu qu’on est dans le rayon des verres, et que des flûtes à champagne y en a la pelle, du con !!!
C’est un jeune hommes sensuel , de type français dans les films du début du 20e siècle, les cheveux noirs de jais, un fine moustache surplombant ses lèvres, un cosume trois pièce très chic de chez Boss.
Doll falli en tomber la renverse °°°tain le canon°°° pensa-t-elle, °°°j’en ferai bien mon 4 heures !!!°°°

« Euh….. ouiiiiiii …euh…….. c’est pour quelle occasion , hihihihihihi…. ??? »
« C’est pour un dîner en tête à q… tête à tête avec une sublime jeune femme, blonde , dans les1,80m, qui se trouve juste en face de moi !!! »
Doll rougi jusqu’aux oreille, elle n’en croyait pas ses yeux !!!
Il lui faisait une porposition !!!
« Mais je ne connais même pas votre nom Mr !!! »
« Arnulf, appelez-moi Arnulf !!! »
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Morphal IV
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MessageSujet: Re: Trifouille International   Ven 13 Juil - 0:28

Très tard, sur PecheMelba...

Une entêtante odeur d’anis s’échappait de son verre à peine entamé. On approchait des 3h du matin. Mme Valpoun, en bonne ex-gardienne de camping, affichait un mépris évident des conventions apéritives et avait sans cérémonie sortie la bouteille de pastaga de sous l’évier à son arrivée. Pour l’heure, Eugène-Epicure était bien trop absorbé par le discours de la vieille corse pour s’intéresser au contenu de son verre.
Il était venu en quête de vagues indices, en essayant de rester aussi discret et évasif que possible, et on lui servait sur un plateau un rapport complet circonstancié.

- A la base, et aussi incroyable que cela puisse paraitre, commençât elle, c’était un jeu.
Le plus réaliste et convainquant des jeux jamais inventés. Faisant appel aux technologies quantiques les plus avancées il s’appuyait sur la possibilité théorique de faire coexister l’esprit humain sur plusieurs plans à la fois.
Techniquement la conscience de l’utilisateur était mise en relation avec une dimension parallèle, en grande partie artificielle, dans laquelle il devenait un genre de conquérant galactique, contrôlant des flottes de vaisseaux et colonisant des systèmes solaires.
Le programme était sensé fournir au joueur l’impression la plus réelle d’exister au sein du système ludique projeté dans son esprit ou, plus exactement, dans lequel on l’avait projeté.

Bien entendu, il faut se resituer dans le contexte des dernières années ayant précédées l’avènement de Chipoth 1er. Les constructeurs de jeu interactifs avaient alors une liberté quasi-totale d’initier de nouveaux projets, aussi singuliers soient ils. C’était une ère de suprême investissement du registre ludique. Les citoyens de l’Empire ne vivaient presque que pour découvrir de nouveaux amusements et personne ne s’imaginait qu’il pourrait y avoir un quelconque mal à cela.

Les premiers tests effectués étaient parfaitement concluants et le jeu, annoncé à grands renforts de publicité à travers toute la galaxie, devait sortir dans les semaines à venir.
Mais il y a eu un bug.
Officiellement, la mise sur le marché a été annulée en raison des fantastiques problèmes de dépendance que pourrait provoquer ce jeu. Selon des études sérieuses, les gens allaient désinvestir la vie réelle, négligeraient leur travail, leur famille et leurs amis, et finiraient par ne plus sortir de chez eux que pour aller s’approvisionner en nourriture-rapide et en drogues stimulantes... avant de mourir d’inanition aux commandes de leur appareil de simulation.
C’était on ne peut plus vrai, mais la réelle cause du black-out total du projet O.G.A.M.E. (Opération Geek d’Avatar Multi Ego) était tout autre.

Juste avant la sortie du jeu, les constructeurs se sont aperçus que leur dimension artificielle de référence n’était pas aussi étanche qu’ils l’avaient imaginé, les joueurs pouvant outrepasser les limites du micro-univers pour se mettre en relation avec d’autres dimensions connues ou inconnues.
Ce léger inconvénient a pu être mis en évidence suite à la disparition pure et simple du service de contentieux de l’entreprise lors d’un bêta-test : le testeur incriminé avait tout simplement crée, « pour déconner », une Alliance reproduisant avec un sens de l’observation, tout à fait louable en d’autres circonstances, les caractéristiques du service en question, qu’il haïssait vraisemblablement avec beaucoup de sincérité. Les conséquences de l’utilisation de l’option « supprimer l’alliance ? » n’avait pas du être du goût de ses infortunés collègues qui s’étaient instantanément évanouis dans le néant.
Et si… Quelqu’un d’assez vindicatif (l’investissement affectif semblant avoir une grande importance dans le processus) avait l’idée de créer une « alliance » représentant l’Empire Boulimik tout entier ? Avec la devise Impériale, le Blason et tout et tout ? Et qu’il décidait d’appuyer mentalement sur la fameuse touche ?
Sans même compter la possibilité, lors des tests, d’avoir déjà anéanti par mégarde quelques civilisations inconnues situées sur d’autres plans …

Une telle découverte dépassait bien entendu le simple domaine de la contre-indication de mise sur le marché, et les ingénieurs céréhaliens qui dirigeaient le projet se sont empressés, après avoir pris soin de bien débrancher tous les appareils, de contacter le Gouvernement Impérial (la queue entre les jambes comme on peut se l’imaginer).
Avertis du problème les services secrets Royaux, le M.U.H.A.H.A. (ancêtre du M.R.U.A.P.), ont fait preuve d’une efficacité exemplaire pour geler le projet et supprimer tout risque de fuite.
Au final, hormis les 3 concepteurs céréhaliens et le vieux Roy Goinfrh III , personne n’avait la moindre idée de ce à quoi on venait d’échapper.
Une version banalisée du jeu titre, bricolée à la va-vite avec des tableaux moches, sortait quelques semaines plus tard, connaissant le succès inexplicable qu’on lui connaît.
Tous les appareils et plans avaient été détruits, tous les vagues témoins, stagiaires et agents de maintenance, intimidés et mutés aux 4 coins de la galaxie.

Ayant eu à choisir entre le lavage de cerveau (technique encore assez fruste pour l’époque) ou l’exil sur une planète sauvage, sans technologie risquant d’induire la tentation de reproduire le terrifiant appareil, les ingénieurs ont pris place à bord d’une expédition d’exploration de la Guilde des Découvreurs en partance pour les confins.
Celle là même qui découvrit la terre juste avant que n’éclatent les Guerres d'Alimentation…

Le Roy mourut quelques mois plus tard en révélant probablement une partie du secret à son fils aîné...

Un silence s'ensuivit.

- Euh...Oui. Enfin, pas tout à fait, parvint à articuler notre Roy après une interminable déglutition sur fond de bouche sèche comme du carton. D'après mon copain qui bosse à la cour ce serait plutôt à son petit neveu en réalité. Disons qu'il ne devait pas forcément avoir une confiance absolue en son rejeton, l'avenir lui donna raison. De plus, même la famille Royale était loin d'avoir... Tous les détails. Enfin... D'après lui. Euh... Mon ami, dont je vous ai parlé, là, l'un des secrétaires personnels du Roy (« mais où cette vieille bourrique a t'elle bien pu apprendre tout ça?!?!? »).

- C'est bien ce que je pensais.
En ce qui concerne les ingénieurs de l'expédition, ils n'ont pas tous précisément obéi aux ordres Royaux. Tout particulièrement l'un d'entre eux qui, comme nous l'avons appris plus tard (« Comment ça, nous?! » commença t'il à s'inquiéter) , n'a pas pu s'empêcher de reproduire les plans de leur découverte pendant le trajet.
Les deux autres se sont contenté de créer un genre de secte ayant pour but la Limitation des Risques Inhérents à l'Expansion Technologique et l'Utilisation Inadéquate d'un Loisir à Finalité Oisive. Organisation terrienne toujours en activité, auquel j'ai l'honneur d'appartenir.

Mme Valpoun, se resservit un 3eme verre de pastis, pour laisser au pauvre Eugène-Epicure le temps de digérer l'information.

- Notre Ordre a transmis le terrible secret entre ses membres au fil des générations. Il s'est placé en retrait de l'histoire terrienne, laissant les autres colons se développer à leur guise, et perdre progressivement le souvenir de leur ancien Empire, ce qui n'était pas plus mal.
Nous n'intervenions que pour agir en faveur d'un usage maitrisé, équilibré, de la technologie. Et le bilan était plutôt positif, si l'on excepte le développement en parallèle d'une forme assez déplorable d'obscurantisme.
Jusqu'à ce jour malheureux, aux alentours de ce que nous nommons le XVII ème siècle, du fameux contact fortuit avec un employé en goguette des Transports Frigorifiques Sauciflard et Associés. En dépit des belles promesses de l'Empire de ne pas influer sur notre civilisation, les résidents boulimiks n'ont alors cessé de commettre bourde sur bourde et de faire subir à notre pauvre planète un sursaut technologique dévastateur, ruinant ainsi, en moins de 3 siècles, le fruit de nos patients efforts sur plus de 2 millénaires.

Mis sur la sellette, notre Ordre n'a eu d'autre choix que d'infiltrer l'Empire et de durcir la résistance dans une forme plus globale.

- Hem... Pourquoi me racontez vous tout cela Mme Valpoun?

- Parce que les règles du jeu ont changé il y a peu et que nous devons mettre de coté nos vieilles rancunes pour nous allier contre un ennemi commun, votre Majesté.

- Pardon?

-Ne me prenez pas pour une idiote, s'il vous plait. Je vous surveille depuis assez longtemps pour tout connaitre de votre véritable identité.

- Veuillez m'excuser (tout Roy qu'il fût, il se sentait quand même un peu couillon).
Mais... vous parliez d'un... Ennemi commun?

- Oui. La seconde menace à laquelle nous avons toujours cherché à faire face : la résurgence
de la technologie O.G.A.M.E.

- Il est vrai qu'une version du jeu a été illégalement introduite en fraude il y a peu...

- Je ne vous parle pas de ce jouet ridicule, mais de l'original. Des rapports inquiétants de notre Ordre ont laissé entendre qu'il y avait eu un peu partout dans l'Empire des perturbations inhabituelles du continuum espace-temps, avec une résonance toute particulière sur Terre, aux alentours de San Francisco.
Selon moi quelqu'un a probablement mis la main sur une version incomplète des plans d'O.G.A.M.E. et est en train de se livrer à des essais. Peut être que ce ou ces individus ne se doutent même pas l'importance de leur découverte.
Nous avions déjà eu vent par le passé de fuites de ce genre, et nous savions que de mauvaises traductions de ces plans ont circulé il y a un moment.
Un de nos anciens agents, passé renégat, s'était même emparé d'une version avant de partir se cacher au sein de l'Empire. Un certain Jack Oldmanjack.

- Oldmanjack... Vous voulez dire Olmanjack le dictateur? Alias Sojaseun 1er, le fondateur de Tofutopia?!*

- Lui même. Ce n'est pas la première fois qu'on a des soucis avec une branche dissidente de notre organisation. Nous nous sommes en tout cas assuré qu'il n'avait pas cherché à se servir des plans, trop occupé sans doute à promouvoir son culte de la personnalité.
Les plans en question n'auraient pas permis de toute manière de recréer la technologie O.G.A.M.E., mais ils auraient pu mettre la puce à l'oreille d'un éventuel petit malin qu'il existait probablement des originaux plus complets...

Nouveau silence. Plus long et épais cette fois. On aurait presque pu dire grumeleux.

- Veuillez m'excuser, Mme Valpoun, j'ai quelques appels à passer, finit par lâcher le Roy.

- J'espère bien, répliqua la vieille corse en lampant le fond de son verre.



*CF l'histoire de Tofutopia (je crois que vous n'y couperez pas) au Ministère du Patrimoine, sujet "Gloutonnia et ses provinces, part Fore".

_________________
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